Cinq cents mètres carrés, cest la taille standard dun terrain de maison individuelle en zone rurale ou périurbaine. La plupart des propriétaires y mettent 400 m de pelouse tondue chaque semaine, une haie de thuyas sur trois côtés, un abri de jardin fermé à clé et un coin barbecue. Quatre cents mètres carrés de gazon ras qui ne nourrissent personne, ne produisent rien et coûtent 40 heures de tonte par an. Avec le même terrain et un plan par zones, les 500 m atteignent une autonomie quasi complète en légumes, en fruits, en œufs et en bois de chauffage dappoint avec encore assez despace pour une terrasse, un coin détente et une pelouse de jeu pour les enfants.
Le principe à 500 m est le même quà 200 m le zonage concentrique par intensité mais lespace supplémentaire permet trois ajouts décisifs : un verger complet qui couvre les fruits de mai à novembre, un poulailler avec rotation de parcours qui boucle le cycle de fertilité, et une haie champêtre de 40 mètres linéaires qui remplace la clôture morte par un corridor de biodiversité productif.
ZONE 1 LE POTAGER INTENSIF 60 m
Huit planches surélevées de 120 300 cm en double rotation chaque planche produit deux à trois cultures par an. Le potager de 60 m bien conduit en rotation intensive produit entre 150 et 250 kg de légumes par saison la totalité des besoins dune famille de quatre personnes en légumes frais de mars à novembre, avec un surplus pour la conservation congélation, lactofermentation, séchage.
Le châssis froid contre le mur sud sagrandit deux fenêtres de récupération côte à côte sur un cadre de planches produisent un châssis de 2 m qui démarre les tomates, les courgettes et les poivrons six semaines avant la pleine terre. Une serre froide tunnel de 3 6 m 18 m, entre 200 et 400 euros en kit est linvestissement le plus rentable du terrain elle avance la saison de six semaines au printemps, la prolonge de six semaines en automne et permet la culture de tomates sous abri pas de mildiou, doublement de la production par pied.
La table de rempotage avec un évier extérieur alimenté par la cuve deau de pluie devient une station de travail permanente rempotage, semis, repiquage, lavage des légumes. Placer cette station entre le potager et la cuisine le trajet le plus court est celui qui sera parcouru le plus souvent.
ZONE 2 LE POULAILLER ET LE PARCOURS ROTATIF 80 m
Six poules pondeuses dans un poulailler fixe de 3 m avec un parcours divisé en trois sections de 25 m chacune. Les poules occupent une section pendant trois semaines le temps de dévorer les herbes, de gratter la surface, de fertiliser le sol et déliminer les larves et les limaces. Puis elles passent à la section suivante. La section libérée est semée immédiatement en engrais vert moutarde, phacélie qui repousse pendant les six semaines de repos. Quand les poules reviennent, lengrais vert est au stade idéal pour être enfoui par leur grattage un cycle de fertilité qui sauto-entretient sans aucun apport extérieur.
Six poules produisent entre 1 200 et 1 500 œufs par an plus que les besoins dune famille de quatre personnes. Le surplus séchange avec les voisins contre des produits que le jardin ne fournit pas. Le fumier composté pendant trois mois devient le meilleur engrais du potager plus riche en azote et en phosphore que nimporte quel produit commercial.
Les canards coureurs deux à trois individus ajoutés au poulailler patrouillent le jardin en journée et éliminent les limaces entre 150 et 200 par jour et par canard. Leur fumier est moins concentré que celui des poules et peut être épandu directement au pied des arbres sans compostage.
ZONE 3 LE VERGER 100 m
Dix fruitiers en haute-tige ou demi-tige espacés de 5 à 6 mètres forment un verger productif au fond du terrain. Le choix despèces vise létalement de la récolte sur six mois :
Mai-juin : cerisier variété Burlat ou Napoléon 15 à 30 kg par arbre adulte. Juin-juillet : abricotier variété Bergeron en climat de Loire ou plus sud 20 à 40 kg. Juillet-août : prunier Reine Claude dorée ou Quetsche dAlsace 20 à 40 kg, pêcher variété résistante à la cloque : Morton ou Sanguine de Savoie. Août-septembre : figuier Goutte dOr ou Violette de Solliès 10 à 30 kg, deux récoltes en climat méridional. Septembre-octobre : pommier deux variétés complémentaires une précoce type Reine des Reinettes et une tardive type Reinette Clochard, total 40 à 80 kg. Octobre-novembre : poirier Conférence ou Doyenné du Comice 30 à 60 kg, cognassier un seul arbre suffit 20 à 40 kg de coings pour les gelées et les pâtes de fruit.
Le sol sous le verger est semé de trèfle blanc permanent fixation dazote, couvre-sol anti-adventices, fourrage pour les poules en rotation. Les poules libérées sous le verger en automne mangent les fruits tombés cycle de la mouche de la cerise et du carpocapse du pommier interrompu, les larves dans le sol et les limaces.
ZONE 4 LA HAIE CHAMPÊTRE 40 mètres linéaires
La haie remplace les thuyas sur les trois côtés du terrain environ 40 mètres linéaires plantés en mélange. Aubépine, prunellier, sureau noir, cornouiller sanguin, noisetier, églantier, viorne obier. Chaque mètre linéaire produit des baies prunelles, sureau, cornouilles, cynorrhodons, noisettes, des fleurs pour les pollinisateurs de mars à juillet, et des sites de nidification pour les oiseaux. La haie se taille une seule fois par an en février la moitié du coût dentretien des thuyas.
Le long de la haie côté intérieur : 20 mètres linéaires de petits fruits palissés framboisiers 10 m, production de 30 à 50 kg, mûres sans épines 5 m, 15 à 25 kg, groseilliers et cassissiers en cordon 5 m, 5 à 10 kg.
ZONE 5 LA MARE, LE COMPOST ET LE BOIS 40 m
La mare de 6 à 8 m attire grenouilles, crapauds, tritons et libellules les prédateurs de limaces et de moustiques. Le compost à trois bacs frais, en cours, mûr traite la totalité des déchets organiques du jardin, du poulailler et de la cuisine. Un tas de bois mort de 2 1 m bûches, branches, souches héberge le lucane cerf-volant, les staphylins, les forficules et fournit un abri dhibernation au hérisson.
Un espace de 10 m en fond de terrain planté de deux à trois saules têtards fournit du bois de chauffage dappoint en rotation un saule en cépée produit du bois de chauffage rechargeable tous les trois ans sans abattre larbre.
ZONE 6 LA RÉCUPÉRATION DEAU deux cuves de 1 000 litres
Un toit de 80 m collecte environ 56 000 litres de pluie par an en climat français moyen. Deux cuves IBC de 1 000 litres connectées en série à la gouttière couvrent les besoins darrosage du potager et du poulailler de mai à septembre les années normales, le robinet ne sert quen canicule prolongée.
ZONE RÉSIDUELLE LA PELOUSE DE VIE 60 à 80 m
La pelouse restante est tondue haute à 8 cm, semée de trèfle blanc et de pâquerettes pas un gazon ras mais une prairie courte praticable. Un passage tondu court serpente entre les zones pour le déplacement quotidien. La pelouse de jeu pour les enfants est au centre visible depuis la cuisine, entourée de production, vivante.
PRODUCTION ANNUELLE ESTIMÉE :
Légumes 60 m potager 18 m serre : 200 à 350 kg. Fruits verger 10 arbres : 150 à 350 kg. Petits fruits 20 m linéaires : 50 à 85 kg. Œufs 6 poules : 1 200 à 1 500 unités. Compost produit : 500 à 800 kg. Bois de chauffage dappoint saules en cépée : 1 à 2 stères tous les 3 ans.
Le terrain de 500 m ne rend pas une famille autosuffisante en tout les céréales, les produits laitiers, la viande sauf si les poules sont réformées en poule au pot restent des achats. Mais la facture alimentaire en légumes, fruits et œufs tombe à zéro de mars à novembre et le surplus de production est un atout social échange entre voisins, paniers donnés, conserves offertes qui crée du lien autant que de la nourriture.
Cinq cents mètres carrés, cest le terrain que la plupart des Français tondent chaque semaine en se disant quils nont pas de place pour un potager. Ils ont la place pour une ferme.
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