Le portrait ne suffit pas pour identifier un rapace. La majorité des observations se font en vol à 50, 100 ou 200 mètres de hauteur, souvent en contre-jour, pendant quelques secondes avant que loiseau ne disparaisse derrière les arbres. À cette distance, les couleurs du plumage sont invisibles. Le bec est invisible. Les yeux sont invisibles. Le seul critère fiable est la silhouette la forme des ailes, la forme de la queue, le style de vol et le comportement. Reconnaître un rapace en vol ne demande pas de jumelles ni de guide ornithologique. Il demande de retenir quatre silhouettes de base et quatre styles de vol et de comprendre que la silhouette ET le style ensemble produisent une identification que ni lun ni lautre ne produit seul 礪 LES 4 SILHOUETTES DE BASE : SILHOUETTE 1 AILES LARGES ET ARRONDIES, QUEUE COURTE ET ARRONDIE Cest la silhouette de la buse variable le rapace le plus commun du ciel français. Les ailes sont larges, avec les rémiges les grandes plumes du bout de laile écartées en doigts visibles même de loin. La queue est courte et souvre en éventail large pendant le vol plané. Lensemble donne une silhouette massive, trapue et arrondie comme un plateau volant. En vol plané, les ailes sont légèrement relevées en V aplati un dièdre caractéristique qui sépare la buse de tous les autres rapaces de même taille. Ce quelle fait en vol : tourne en cercles lents au-dessus des prairies et des lisières, portée par les ascendances thermiques. Monte progressivement en spirale sans battre des ailes parfois jusquà devenir un point minuscule à 300 mètres daltitude. Plonge brusquement vers le sol quand elle repère un campagnol. Confusion possible : la bondrée apivore a une silhouette similaire mais avec une tête plus petite et plus proéminente la tête de la buse est presque fondue dans le corps en vol celle de la bondrée dépasse nettement et une queue plus longue avec des barres sombres bien définies. La bondrée nest présente que de mai à septembre migratrice si la silhouette est vue en hiver, cest une buse. SILHOUETTE 2 AILES LONGUES ET COUDÉES, QUEUE LONGUE ET FOURCHUE Cest la silhouette des milans noir ou royal. Les ailes sont longues, étroites et nettement coudées au poignet le coude de laile est visible de loin. La queue est longue et fourchue profondément chez le royal les deux pointes sont écartées de 5 à 8 cm, modérément chez le noir la fourche est souvent fermée et ressemble à une encoche. Lensemble donne une silhouette souple, élégante et légèrement tombante les bouts dailes semblent pointer vers le bas. Ce quils font en vol : planent en cercles comme la buse mais avec un vol plus souple et plus ondulant. La queue bouge constamment elle souvre, se ferme, se tord latéralement pour ajuster la trajectoire. Le milan royal est le plus élégant planeur du ciel français il semble danser dans lair. Le milan noir est plus direct et plus lourd. Comment distinguer le royal du noir en vol : le royal a des taches blanches sous les ailes visibles de dessous en vol, un corps roux-orangé et une queue profondément fourchue. Le noir est uniformément brun sombre sans tache blanche et sa queue est peu fourchue. Si la fourche est évidente et que des taches blanches sont visibles sous les ailes cest un royal. SILHOUETTE 3 AILES COURTES ET ARRONDIES, QUEUE LONGUE ET ÉTROITE Cest la silhouette de lépervier dEurope et de lautour des palombes, son cousin plus grand et plus rare. Les ailes sont courtes, larges à la base et arrondies au bout conçues pour la manœuvrabilité entre les branches, pas pour le vol plané longue distance. La queue est longue, étroite et barrée de bandes sombres elle sert de gouvernail et de frein pour les virages serrés dans les haies. Lensemble donne une silhouette compacte et nerveuse très différente de la buse ou du milan. Ce quil fait en vol : ne plane presque jamais en cercles sauf en parade nuptiale au printemps. Vol rapide et direct avec des séries de battements courts suivis de glissades. Survole les haies à quelques mètres de hauteur et surgit de lautre côté pour surprendre un moineau ou une mésange. Le vol de lépervier est explosif et bref il apparaît et disparaît en trois secondes. Confusion possible : le coucou gris a une silhouette similaire en vol ailes pointues, queue longue, vol direct mais il bat des ailes continuellement sans jamais planer et ses ailes sont pointues pas arrondies. Si la silhouette surgit dune haie à grande vitesse et provoque une explosion de cris dalarme des passereaux cest un épervier. SILHOUETTE 4 AILES LONGUES ET POINTUES, QUEUE MOYENNE ET EFFILÉE Cest la silhouette du faucon crécerelle et des autres faucons hobereau, pèlerin. Les ailes sont longues, étroites et pointues au bout conçues pour la vitesse et le vol stationnaire. La queue est moyenne et effilée, pas fourchue. Lensemble donne une silhouette en forme dancre ou de croix géométrique et anguleuse, très différente de la rondeur de la buse ou de la souplesse du milan. Ce quil fait en vol : le vol stationnaire est la signature du crécerelle. Il bat des ailes rapidement tout en restant immobile dans lair au-dessus dun point fixe au sol la tête parfaitement stable pendant que le corps oscille dans le vent. Aucun autre rapace commun de France ne pratique le vol stationnaire aussi régulièrement le circaète le fait aussi mais il est beaucoup plus grand et plus rare. Si un rapace fait du sur-place au-dessus du bas-côté de la route cest un crécerelle. LES 4 STYLES DE VOL : Style A LE VOL PLANÉ EN CERCLE soaring. La buse, le milan, le circaète et la bondrée tournent en spirale dans les courants ascendants sans battre des ailes. Lair chaud qui monte au-dessus des prairies ensoleillées, des parkings et des toits les porte en altitude. Ce vol est visible par temps chaud et ensoleillé les rapaces planeurs sont rares par temps couvert et pluvieux pas dascendances thermiques. Style B LE VOL STATIONNAIRE hovering. Le crécerelle bat des ailes rapidement en restant immobile au-dessus dun point souvent au-dessus dun talus dautoroute ou dune jachère. La queue est abaissée et les ailes battent en arc au-dessus du corps. Ce vol est visible par tous les temps le crécerelle chasse au vol stationnaire même par vent fort et pluie. Style C LE VOL DEMBUSCADE dash-and-grab. Lépervier vole bas et vite le long des haies, des murs et des lisières, se cache derrière un obstacle et surgit de lautre côté pour surprendre un passereau. Le vol est rapide, direct et bref quelques secondes entre lapparition et la disparition. Visible toute lannée mais surtout en hiver quand lépervier fréquente les mangeoires pour capturer les passereaux qui sy nourrissent. Style D LE VOL ONDULANT flap-flap-glide. Les rapaces nocturnes hulotte, effraie volent la nuit avec un vol silencieux et ondulant quelques battements mous suivis dune longue glissade. Le plumage spécial bord dattaque dentelé des rémiges, surface veloutée des plumes supprime le bruit du vol la hulotte est totalement silencieuse en vol, même à un mètre de loreille humaine. Ce vol nest visible quau crépuscule ou dans les phares de voiture une silhouette pâle effraie ou sombre hulotte qui traverse le faisceau sans un bruit. LA MÉTHODE DIDENTIFICATION EN 3 SECONDES : Étape 1 la silhouette. Ailes larges arrondies queue courte = buse ou bondrée. Ailes longues coudées queue fourchue = milan. Ailes courtes arrondies queue longue = épervier. Ailes longues pointues = faucon. Étape 2 le vol. Cercles planés = buse ou milan. Vol stationnaire = crécerelle. Surgissement rapide dune haie = épervier. Vol silencieux ondulant de nuit = hulotte ou effraie. Étape 3 le contexte. Au-dessus dune prairie en cercle = buse. Au-dessus dun bord de route en vol stationnaire = crécerelle. Le long dune haie à grande vitesse = épervier. Au-dessus dune rivière en vol souple = milan. Au crépuscule, silencieux = rapace nocturne. Trois secondes silhouette vol contexte suffisent pour identifier 90 % des rapaces vus au-dessus du jardin. Les détails de plumage ne viennent quaprès, avec les jumelles et lexpérience. Mais la silhouette et le vol sont lisibles à lœil nu, à 200 mètres, en trois secondes et ils ne trompent jamais. Le ciel au-dessus du jardin nest pas vide. Il contient un système de régulation des rongeurs, un système de régulation des passereaux et un système de contrôle des insectes en vol continu, gratuit et protégé par la loi. Le jardinier qui apprend les quatre silhouettes et les quatre styles de vol lit le ciel comme il lit le sol et les deux sont aussi productifs lun que lautre. #IdentificationEnVol #SilhouetteRapace #BuseOuMilan #FauconCrécerelle #RapacesDeFrance

Le portrait ne suffit pas pour identifier un rapace. La majorité des observations se font en vol à 50, 100 ou 200 mètres de hauteur, souvent en contre-jour, pendant quelques secondes avant que loiseau ne disparaisse derrière les arbres. À cette distance, les couleurs du plumage sont invisibles. Le bec est invisible. Les yeux sont invisibles. Le seul critère fiable est la silhouette la forme des ailes, la forme de la queue, le style de vol et le comportement.

Reconnaître un rapace en vol ne demande pas de jumelles ni de guide ornithologique. Il demande de retenir quatre silhouettes de base et quatre styles de vol et de comprendre que la silhouette ET le style ensemble produisent une identification que ni lun ni lautre ne produit seul 礪

LES 4 SILHOUETTES DE BASE :

SILHOUETTE 1 AILES LARGES ET ARRONDIES, QUEUE COURTE ET ARRONDIE

Cest la silhouette de la buse variable le rapace le plus commun du ciel français. Les ailes sont larges, avec les rémiges les grandes plumes du bout de laile écartées en doigts visibles même de loin. La queue est courte et souvre en éventail large pendant le vol plané. Lensemble donne une silhouette massive, trapue et arrondie comme un plateau volant. En vol plané, les ailes sont légèrement relevées en V aplati un dièdre caractéristique qui sépare la buse de tous les autres rapaces de même taille.

Ce quelle fait en vol : tourne en cercles lents au-dessus des prairies et des lisières, portée par les ascendances thermiques. Monte progressivement en spirale sans battre des ailes parfois jusquà devenir un point minuscule à 300 mètres daltitude. Plonge brusquement vers le sol quand elle repère un campagnol.

Confusion possible : la bondrée apivore a une silhouette similaire mais avec une tête plus petite et plus proéminente la tête de la buse est presque fondue dans le corps en vol celle de la bondrée dépasse nettement et une queue plus longue avec des barres sombres bien définies. La bondrée nest présente que de mai à septembre migratrice si la silhouette est vue en hiver, cest une buse.

SILHOUETTE 2 AILES LONGUES ET COUDÉES, QUEUE LONGUE ET FOURCHUE

Cest la silhouette des milans noir ou royal. Les ailes sont longues, étroites et nettement coudées au poignet le coude de laile est visible de loin. La queue est longue et fourchue profondément chez le royal les deux pointes sont écartées de 5 à 8 cm, modérément chez le noir la fourche est souvent fermée et ressemble à une encoche. Lensemble donne une silhouette souple, élégante et légèrement tombante les bouts dailes semblent pointer vers le bas.

Ce quils font en vol : planent en cercles comme la buse mais avec un vol plus souple et plus ondulant. La queue bouge constamment elle souvre, se ferme, se tord latéralement pour ajuster la trajectoire. Le milan royal est le plus élégant planeur du ciel français il semble danser dans lair. Le milan noir est plus direct et plus lourd.

Comment distinguer le royal du noir en vol : le royal a des taches blanches sous les ailes visibles de dessous en vol, un corps roux-orangé et une queue profondément fourchue. Le noir est uniformément brun sombre sans tache blanche et sa queue est peu fourchue. Si la fourche est évidente et que des taches blanches sont visibles sous les ailes cest un royal.

SILHOUETTE 3 AILES COURTES ET ARRONDIES, QUEUE LONGUE ET ÉTROITE

Cest la silhouette de lépervier dEurope et de lautour des palombes, son cousin plus grand et plus rare. Les ailes sont courtes, larges à la base et arrondies au bout conçues pour la manœuvrabilité entre les branches, pas pour le vol plané longue distance. La queue est longue, étroite et barrée de bandes sombres elle sert de gouvernail et de frein pour les virages serrés dans les haies. Lensemble donne une silhouette compacte et nerveuse très différente de la buse ou du milan.

Ce quil fait en vol : ne plane presque jamais en cercles sauf en parade nuptiale au printemps. Vol rapide et direct avec des séries de battements courts suivis de glissades. Survole les haies à quelques mètres de hauteur et surgit de lautre côté pour surprendre un moineau ou une mésange. Le vol de lépervier est explosif et bref il apparaît et disparaît en trois secondes.

Confusion possible : le coucou gris a une silhouette similaire en vol ailes pointues, queue longue, vol direct mais il bat des ailes continuellement sans jamais planer et ses ailes sont pointues pas arrondies. Si la silhouette surgit dune haie à grande vitesse et provoque une explosion de cris dalarme des passereaux cest un épervier.

SILHOUETTE 4 AILES LONGUES ET POINTUES, QUEUE MOYENNE ET EFFILÉE

Cest la silhouette du faucon crécerelle et des autres faucons hobereau, pèlerin. Les ailes sont longues, étroites et pointues au bout conçues pour la vitesse et le vol stationnaire. La queue est moyenne et effilée, pas fourchue. Lensemble donne une silhouette en forme dancre ou de croix géométrique et anguleuse, très différente de la rondeur de la buse ou de la souplesse du milan.

Ce quil fait en vol : le vol stationnaire est la signature du crécerelle. Il bat des ailes rapidement tout en restant immobile dans lair au-dessus dun point fixe au sol la tête parfaitement stable pendant que le corps oscille dans le vent. Aucun autre rapace commun de France ne pratique le vol stationnaire aussi régulièrement le circaète le fait aussi mais il est beaucoup plus grand et plus rare. Si un rapace fait du sur-place au-dessus du bas-côté de la route cest un crécerelle.

LES 4 STYLES DE VOL :

Style A LE VOL PLANÉ EN CERCLE soaring. La buse, le milan, le circaète et la bondrée tournent en spirale dans les courants ascendants sans battre des ailes. Lair chaud qui monte au-dessus des prairies ensoleillées, des parkings et des toits les porte en altitude. Ce vol est visible par temps chaud et ensoleillé les rapaces planeurs sont rares par temps couvert et pluvieux pas dascendances thermiques.

Style B LE VOL STATIONNAIRE hovering. Le crécerelle bat des ailes rapidement en restant immobile au-dessus dun point souvent au-dessus dun talus dautoroute ou dune jachère. La queue est abaissée et les ailes battent en arc au-dessus du corps. Ce vol est visible par tous les temps le crécerelle chasse au vol stationnaire même par vent fort et pluie.

Style C LE VOL DEMBUSCADE dash-and-grab. Lépervier vole bas et vite le long des haies, des murs et des lisières, se cache derrière un obstacle et surgit de lautre côté pour surprendre un passereau. Le vol est rapide, direct et bref quelques secondes entre lapparition et la disparition. Visible toute lannée mais surtout en hiver quand lépervier fréquente les mangeoires pour capturer les passereaux qui sy nourrissent.

Style D LE VOL ONDULANT flap-flap-glide. Les rapaces nocturnes hulotte, effraie volent la nuit avec un vol silencieux et ondulant quelques battements mous suivis dune longue glissade. Le plumage spécial bord dattaque dentelé des rémiges, surface veloutée des plumes supprime le bruit du vol la hulotte est totalement silencieuse en vol, même à un mètre de loreille humaine. Ce vol nest visible quau crépuscule ou dans les phares de voiture une silhouette pâle effraie ou sombre hulotte qui traverse le faisceau sans un bruit.

LA MÉTHODE DIDENTIFICATION EN 3 SECONDES :

Étape 1 la silhouette. Ailes larges arrondies queue courte = buse ou bondrée. Ailes longues coudées queue fourchue = milan. Ailes courtes arrondies queue longue = épervier. Ailes longues pointues = faucon.

Étape 2 le vol. Cercles planés = buse ou milan. Vol stationnaire = crécerelle. Surgissement rapide dune haie = épervier. Vol silencieux ondulant de nuit = hulotte ou effraie.

Étape 3 le contexte. Au-dessus dune prairie en cercle = buse. Au-dessus dun bord de route en vol stationnaire = crécerelle. Le long dune haie à grande vitesse = épervier. Au-dessus dune rivière en vol souple = milan. Au crépuscule, silencieux = rapace nocturne.

Trois secondes silhouette vol contexte suffisent pour identifier 90 % des rapaces vus au-dessus du jardin. Les détails de plumage ne viennent quaprès, avec les jumelles et lexpérience. Mais la silhouette et le vol sont lisibles à lœil nu, à 200 mètres, en trois secondes et ils ne trompent jamais.

Le ciel au-dessus du jardin nest pas vide. Il contient un système de régulation des rongeurs, un système de régulation des passereaux et un système de contrôle des insectes en vol continu, gratuit et protégé par la loi. Le jardinier qui apprend les quatre silhouettes et les quatre styles de vol lit le ciel comme il lit le sol et les deux sont aussi productifs lun que lautre.

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