Ils creusent le gazon, traversent la terrasse, se glissent dans le compost et sinstallent sous le tas de bois. La plupart des jardiniers les chassent, les piègent ou […]
Du 15 mars au 31 juillet, la haie est une maternité. Chaque branche abrite un nid, chaque fourche porte une couvée et chaque épaisseur de feuillage protège des poussins qui ne savent pas encore voler. Sortir le taille-haie pendant cette fenêtre, cest entrer dans une salle daccouchement avec une tronçonneuse. En France, lOffice français de la biodiversité recommande de ne pas tailler les haies du 15 mars au 31 juillet la période de nidification de la quasi-totalité des oiseaux nicheurs. Plusieurs arrêtés préfectoraux rendent cette interdiction obligatoire pour les agriculteurs dans le cadre de la PAC. Pour les particuliers, la destruction dun nid occupé despèce protégée constitue un délit article L411-1 du Code de lenvironnement et toutes les espèces doiseaux sauvages en France métropolitaine sont protégées. Le taille-haie de mars ne distingue pas entre une branche vide et une branche qui porte une famille. QUI VIT DANS VOTRE HAIE EN CE MOMENT : Le merle noir Turdus merula premier nicheur de la haie, construit un nid solide en forme de coupe dès fin février dans les fourches basses des aubépines et des troènes. La femelle pond 4 à 5 œufs bleu-vert tachetés et couve pendant 13 jours. En mars, les premiers poussins sont déjà au nid aveugles, nus, totalement dépendants. Le merle enchaîne jusquà trois couvées par saison la haie est occupée de mars à juillet sans interruption. Le troglodyte mignon Troglodytes troglodytes le plus petit oiseau nicheur de la haie 9 grammes, construit un nid en boule de mousse et de feuilles encastré dans les ronces à la base de la haie. Le nid est fermé avec une ouverture latérale de 2 cm parfaitement camouflé. Le mâle construit plusieurs nids et la femelle choisit celui qui lui convient. Jusquà 8 poussins dans un espace de la taille dune balle de tennis. Le rouge-gorge familier Erithacus rubecula niche dans les parties les plus denses et les plus basses de la haie, souvent à moins de 50 cm du sol. Son nid est une coupe de mousse tapissée de crins, enfoncée dans un recoin sombre. Les 5 œufs sont tachetés de roux la femelle couve si discrètement quon peut passer devant le nid dix fois sans le voir. La fauvette à tête noire Sylvia atricapilla installe un nid léger et translucide dans les branches moyennes de la haie à 1 à 2 mètres de hauteur. Le nid est si fin quon voit les œufs à travers la paroi en contre-jour. Elle arrive de migration en avril et pond immédiatement la haie taillée en avril est une haie qui perd sa fauvette pour la saison. Le verdier dEurope Chloris chloris niche en petites colonies lâches dans les haies denses de thuya ou de cyprès. La femelle construit un nid volumineux de mousse et de brins dherbe dans lépaisseur du feuillage persistant. Même une haie de thuya biologiquement pauvre peut abriter des verdiers. Tailler en avril détruit les nids que le feuillage persistant cachait parfaitement. Laccenteur mouchet Prunella modularis construit un nid de mousse tapissé de laine et de crins dans les branches basses des haies champêtres. Ses œufs sont dun bleu turquoise intense les plus beaux œufs de la haie et les plus vulnérables. Laccenteur est si discret que la plupart des propriétaires de haie ne savent pas quil existe. CE QUI SE PASSE QUAND LE TAILLE-HAIE PASSE : Le bruit du moteur provoque la fuite des adultes certains abandonnent le nid définitivement au premier passage. Les poussins qui ne volent pas encore restent dans le nid et sont broyés avec les branches ou tombent au sol dans les débris de taille. Les œufs non éclos sont éjectés avec les copeaux. Même si le nid survit au passage, le dérangement suffit souvent à provoquer labandon les parents ne reviennent pas après un stress majeur, surtout en début de couvée. Les œufs refroidissent et les embryons meurent en quelques heures. Le pire moment est mai-juin quand la haie paraît le plus désordonnée avec sa croissance printanière et quand les propriétaires ressentent la pression de la rendre propre . Cest exactement le pic de nidification. Les poussins de la première couvée sont au nid ou tout juste envolés. Les adultes couvent la deuxième ponte. La densité de nids est maximale. Le taille-haie de juin est le plus destructeur de tous. COMMENT VÉRIFIER AVANT DE TAILLER : Approcher la haie calmement et observer pendant cinq minutes à deux mètres de distance. Les allers-retours dadultes avec de la nourriture dans le bec sont le signe indiscutable dun nid actif ne pas tailler. Écarter doucement les branches à hauteur des yeux et à hauteur du genou les nids sont à toutes les hauteurs. Un nid occupé se repère à la présence de fientes blanches sur les branches en dessous et à la chaleur de la coupe de nidification quand on approche la main sans toucher. Si un seul nid est trouvé reporter la taille entière au 1er août. Tailler la moitié de la haie en laissant la zone du nid intacte ne fonctionne pas le dérangement sur la section taillée suffit à provoquer labandon du nid dans la section non taillée. QUAND TAILLER : La fenêtre idéale est février avant le 15 mars ou août-septembre après le 31 juillet. La taille de février est la plus recommandée la haie est au repos, les nids de lannée précédente sont vides, les oiseaux nont pas encore commencé la prospection des sites. La repousse printanière referme les coupes avant la nidification. Si la taille na pas été faite en février et que la haie semble trop envahissante en juin attendre. Deux mois de patience séparent une haie un peu folle dune haie qui a détruit cinq nichées. La haie attendra. Les poussins, eux, ne peuvent pas attendre. Du 15 mars au 31 juillet, le taille-haie reste au garage. Ce nest pas une préférence. Cest le prix dun quartier où les oiseaux chantent encore. #TailleDeHaie #NidificationEnCours #15MarsAu31Juillet #OiseauxProtégés #BiodiversitéDuJardin
Du 15 mars au 31 juillet, la haie est une maternité. Chaque branche abrite un nid, chaque fourche porte une couvée et chaque épaisseur de feuillage protège des […]
Ils courent entre les pieds de salade, tombent dans larrosoir, se posent sur les bras et disparaissent sous les pierres. La plupart des jardiniers les écrasent par réflexe ou les confondent avec des ravageurs. Chacun de ces 20 insectes et arthropodes remplit une mission précise les supprimer revient à licencier léquipe de sécurité du jardin. Coccinelle à sept points Coccinella septempunctata, un adulte consomme jusquà 100 pucerons par jour, ses larves encore davantage Chrysope verte Chrysoperla carnea, ses larves sont surnommées lions des pucerons , parmi les prédateurs les plus voraces du jardin Syrphe ceinturé Episyrphus balteatus, pollinisateur adulte déguisé en guêpe, larves dévoreuses de pucerons dans les colonies Carabe doré Carabus auratus, chasseur nocturne de limaces, œufs de limaces et chenilles incapable de voler, il reste dans le jardin sil nest pas empoisonné Staphylin odorant Ocypus olens, grand coléoptère noir souvent confondu avec un scorpion, prédateur de limaces et de larves au sol Perce-oreille Forficula auricularia, nettoyeur nocturne de pucerons et de petits insectes, bien plus utile que nuisible malgré sa réputation Araignée de jardin Araneus diadematus, sa toile capture des centaines de moucherons, moustiques et pucerons ailés par semaine Guêpe solitaire maçonne Sceliphron caementarium, prédateur de chenilles et daraignées nuisibles, niche dans les fissures de murs sans agressivité Bourdon terrestre Bombus terrestris, pollinisateur puissant capable de vibrer les fleurs que les abeilles domestiques ne peuvent pas féconder Osmie cornue Osmia cornuta, abeille solitaire active dès mars, pollinise les fruitiers trois semaines avant labeille domestique Ichneumon géant Rhyssa persuasoria, sa larve parasite les larves de sirex dans le bois contrôle biologique naturel Punaise prédatrice Anthocoris nemorum, dévore thrips, acariens et psylles dans les arbres fruitiers Cloporte Armadillidium vulgare, décomposeur essentiel qui transforme les débris végétaux en humus directement dans le sol Collembole Folsomia candida, microscopique mais par millions dans le compost, accélère la décomposition et nourrit le réseau fongique Mille-pattes Lithobius forficatus, prédateur rapide de petits insectes et larves dans la litière Ver luisant Lampyris noctiluca, sa larve se nourrit exclusivement descargots et de limaces pendant deux à trois ans avant de devenir adulte Abeille solitaire terricole Andrena fulva, pollinisatrice précoce des fruitiers, niche dans le sol et ne pique pratiquement jamais Guêpe parasitoïde Aphidius colemani, pond dans les pucerons qui se momifient et meurent le meilleur insecticide vivant du potager Tipule adulte Tipula oleracea, souvent confondue avec un moustique géant, elle ne pique pas et ne mord pas totalement inoffensive Fourmi noire des jardins Lasius niger, aère le sol par ses galeries, recycle la matière organique et disperse les graines de violettes et de chélidoines Un jardin sans insectes nest pas un jardin propre. Cest un jardin sans défense, sans pollinisation et sans sol vivant. #InsectesDuJardin #AuxiliairesNaturels #BiodiversitéAuJardin #JardinSansChimie
Ils courent entre les pieds de salade, tombent dans larrosoir, se posent sur les bras et disparaissent sous les pierres. La plupart des jardiniers les écrasent par réflexe […]
Il y a trente ans, le jardin moyen en France abritait des hérissons qui traversaient la pelouse à la tombée de la nuit, des hirondelles qui nichaient sous le toit du garage, des vers luisants qui sallumaient le long de la haie en juin, des crapauds qui patrouillaient les massifs après la pluie et des moineaux qui se disputaient les miettes sur la terrasse du petit-déjeuner. Ce jardin existe encore. Mais il est vide. Le hérisson dEurope a perdu près de 70 % de ses effectifs en France en vingt ans selon les estimations des réseaux naturalistes. La cause principale nest pas un prédateur cest la fragmentation. Les clôtures en dur, les grillages sans passage, les murets continus ont découpé le territoire en parcelles étanches. Un hérisson a besoin de parcourir deux à trois kilomètres chaque nuit pour se nourrir. Un jardin clos de toutes parts est une prison, pas un habitat. Découper une ouverture de 13 13 cm au bas dune clôture suffit à reconnecter un quartier entier. Lhirondelle rustique a perdu une part significative de ses effectifs en France depuis les années 1990. Elle niche dans les granges, les garages, les étables des bâtiments qui étaient ouverts en permanence il y a trente ans. Aujourdhui, les granges sont rénovées en lofts, les garages sont automatisés, les étables sont fermées. Lhirondelle revient chaque avril au même nid et trouve une porte close. Une ouverture de 10 cm laissée en permanence de mars à septembre rétablit le site. Le ver luisant Lampyris noctiluca a quasiment disparu des jardins périurbains. La cause est mesurée : la lumière artificielle. La femelle émet une lueur verte au ras du sol pour attirer le mâle en vol. Un seul lampadaire ou une seule applique de jardin noie ce signal dans un bain de photons parasites. Le mâle ne trouve plus la femelle. La reproduction sarrête. Éteindre les lumières extérieures entre 22h et 6h de mai à septembre suffit à restaurer le signal. Le crapaud commun Bufo bufo revient chaque printemps à la mare où il est né pour se reproduire. Si cette mare a été comblée, bétonnée ou asséchée il ny a pas de plan B. Le crapaud tourne en rond sur le parking qui a remplacé la mare et meurt écrasé. Creuser un point deau permanent de 2 m dans un coin du jardin, même sans poisson, rétablit le cycle en deux à trois ans. Le moineau domestique Passer domesticus a perdu environ 60 % de ses effectifs en milieu urbain en France depuis les années 1990 daprès les suivis du MNHN. La cause est double : disparition des cavités de nidification rénovation des façades, isolation extérieure, fermeture des coffres de volets et effondrement des insectes nécessaires à lalimentation des poussins. Un nichoir à moineau ouverture de 32 mm et un carré de pelouse non traitée fournissent le logement et la nourriture. Le papillon Paon du jour, la petite tortue et le vulcain trois papillons qui visitaient tous les jardins de France sont devenus rares dans les zones périurbaines. La cause remonte à la chenille : ces trois espèces pondent exclusivement sur lortie. Un jardin sans ortie est un jardin sans ces trois papillons. Laisser un mètre carré dorties dans un coin suffit. Les abeilles solitaires osmies, andrènes, collètes ont besoin de deux choses : du sol nu et compact pour creuser leurs galeries, et des fleurs de mars à octobre. Un jardin entièrement paillé, désherbé et planté de géraniums stériles ne fournit ni lun ni lautre. Un carré de terre nue exposé au sud et trois mètres de haie fleurie rétablissent le site de nidification et le garde-manger. Le carabe doré Carabus auratus, le coléoptère vert métallique qui courait entre les rangs de légumes la nuit, a été éliminé par les insecticides granulaires et le labour profond. Ses larves se développent dans les dix premiers centimètres du sol un seul traitement au métaldéhyde anti-limaces tue les carabes qui mangeaient les limaces. Supprimer les granulés anti-limaces et pailler les rangs au lieu de labourer permet au carabe de revenir en deux saisons. Le constat nest pas abstrait. Chaque espèce disparue avait une adresse votre toit, votre haie, votre pelouse, votre mare, votre mur. Chaque cause est identifiable. Chaque solution est à portée de main, ne coûte presque rien et fonctionne en moins de trois ans. Le jardin de votre enfance na pas été détruit par une catastrophe. Il a été vidé par une accumulation de petites décisions clôture étanche, porte fermée, lumière allumée, ortie arrachée, mare comblée. Chacune de ces décisions se renverse. #JardinPerdu #BiodiversitéDuJardin #HérissonDeFrance #VerLuisant #RamenezLaVie
Il y a trente ans, le jardin moyen en France abritait des hérissons qui traversaient la pelouse à la tombée de la nuit, des hirondelles qui nichaient sous […]
Avant de bétonner une prairie calcaire pour un lotissement, réhabilitez dabord les logements vacants qui représentent 3 millions de biens inoccupés en France. Un hectare de prairie calcaire perdu, cest lhabitat le plus riche dEurope en espèces végétales effacé en une journée de terrassement. Les pelouses calcaires de Bourgogne, de Champagne et du Bassin parisien hébergent jusquà 40 espèces de plantes vasculaires par mètre carré plus que nimporte quel autre écosystème européen. Lorchis bouc, le lézard vert occidental et lazuré du serpolet y vivent et nulle part ailleurs en France. La France compte 3,1 millions de logements vacants soit 8 % du parc total. Des maisons de village inoccupées depuis dix ans. Des appartements en centre-ville non loués depuis des années. Des immeubles entiers dont les propriétaires attendent une valorisation foncière. Tous ces logements disposent déjà du raccordement, de la voirie et des services et ne produisent rien pendant que les prairies calcaires disparaissent en périphérie. Le programme Action Cœur de Ville et la taxe sur les logements vacants existent depuis 2018 pour accélérer la remise sur le marché de ces biens. Chaque logement vacant réhabilité est un hectare de prairie calcaire qui na pas besoin dêtre sacrifié. La prairie calcaire met des siècles à se constituer. Le logement vacant se réhabilite en quelques mois. #ZéroArtificialisation #PrairieCalcaire #LogementsVacants #ZAN #StopBéton
Avant de bétonner une prairie calcaire pour un lotissement, réhabilitez dabord les logements vacants qui représentent 3 millions de biens inoccupés en France. Un hectare de prairie calcaire […]
Les parkings de supermarché dépassent 60 C au sol en juillet. Les clients y marchent trois à cinq minutes, à hauteur de ce radiateur à ciel ouvert, avant même dentrer dans le magasin climatisé. Plusieurs villes françaises ont commencé à végétaliser les parkings de périphérie : remplacement dune rangée de places sur cinq par des arbres à grand développement, dalles alvéolées enherbées en remplacement du bitume continu, noues végétalisées le long des allées de circulation pour absorber les eaux de ruissellement. Résultat mesuré sur les parkings pilotes de Bordeaux et de Nantes : 4 à 6 C de moins à hauteur dhomme sous couvert arboré en canicule. La durée de stationnement confortable en été augmente. Les îlots de chaleur de périphérie commerciale sont les plus intenses et les moins traités du territoire urbain français. Un arbre planté dans un parking de grande surface produit une ombre réelle en sept ans. Sur 40 ans, son coût dentretien est inférieur à deux réfections de revêtement bitumineux et il produit ce que le bitume ne produira jamais. #ParkingVégétalisé #VégétalisationUrbaine #IlotDeFraîcheur #VilleVerte
Les parkings de supermarché dépassent 60 C au sol en juillet. Les clients y marchent trois à cinq minutes, à hauteur de ce radiateur à ciel ouvert, avant […]
Avant de raser une forêt alluviale pour un entrepôt logistique, réhabilitez dabord les zones industrielles obsolètes qui ponctuent chaque entrée de ville française. Un hectare de forêt alluviale perdu, cest lécosystème de régulation hydraulique le plus efficace du territoire français effacé en une semaine de déboisement. Les forêts alluviales du Rhin, de la Loire et de la Garonne absorbent les crues en stockant des millions de mètres cubes deau dans leurs sols spongieux et leurs bois morts immergés chaque hectare déboisé transfère son volume de crue vers les communes en aval. Le martin-pêcheur, la loutre dEurope et le castor trois espèces en reconquête fragile dépendent exclusivement de ces corridors boisés en bordure de cours deau. Les zones industrielles françaises construites entre 1960 et 1990 concentrent des dizaines de milliers dhectares de hangars vétustes, de parkings surdimensionnés et de bâtiments aux normes dépassées que plus aucune entreprise ne veut occuper. Chaque entrée de ville française en compte les mêmes tôles rouillées, les mêmes enseignes effacées, les mêmes grillages cassés. Ces zones sont déjà viabilisées, déjà desservies par les poids lourds, déjà dans le tissu économique et elles attendent une réhabilitation que personne ne finance parce que construire en forêt alluviale reste moins cher. La loi ZAN impose de privilégier la densification et la réhabilitation avant toute artificialisation nouvelle. Loutil Cartofriches du CEREMA recense ces zones obsolètes par commune accessible gratuitement en ligne. La forêt alluviale met des siècles à se constituer après une crue fondatrice. La zone industrielle obsolète se réhabilite en quelques années. #ZéroArtificialisation #ForêtAlluviale #ZonesIndustrielles #ZAN #StopBéton
Avant de raser une forêt alluviale pour un entrepôt logistique, réhabilitez dabord les zones industrielles obsolètes qui ponctuent chaque entrée de ville française. Un hectare de forêt alluviale […]
Le lierre ne pénètre pas un enduit sain ses crampons adhèrent sans creuser. Il nétouffe pas les arbres : il utilise le tronc comme support, ses racines sont dans le sol. Il fleurit en octobre-novembre, quand presque rien dautre ne fleurit. Dernière source de nectar de lannée pour abeilles, syrphes et papillons tardifs. Ses baies mûrissent de janvier à mars exactement quand toutes les autres sources sont épuisées. Merle noir, fauvette à tête noire, grive et rougegorge familier en dépendent pendant la période la plus difficile de lannée. Par nuit de gel, la température derrière le feuillage peut dépasser de plusieurs degrés celle de lextérieur. Rougegorge, troglodyte mignon et pipistrelle commune lutilisent comme abri de transit dès lautomne. Le lierre sur votre mur nest pas un problème. Cest une table, un dortoir et un nid dans une seule plante. #Lierre #FauneJardin #BiodiversitéAuJardin #JardinNaturel
Le lierre ne pénètre pas un enduit sain ses crampons adhèrent sans creuser. Il nétouffe pas les arbres : il utilise le tronc comme support, ses racines sont […]
Avant de bétonner une prairie naturelle pour construire, réaménagez dabord les terrains déjà dégradés. Chaque année en France, entre 20 000 et 30 000 hectares de sols naturels, agricoles ou forestiers sont artificialisés recouverts de bitume, de béton ou de bâtiments. Des prairies, des champs, des lisières de bois sont scellées sous des parkings, des lotissements, des zones commerciales et des entrepôts logistiques. Chaque hectare artificialisé est un hectare qui ne filtre plus leau, ne stocke plus de carbone, ne nourrit plus de pollinisateurs et ne reviendra pas à son état naturel avant des décennies si jamais il y revient. Pendant ce temps, la France compte entre 90 000 et 150 000 hectares de friches industrielles, commerciales et militaires des terrains déjà dégradés, déjà imperméabilisés, déjà raccordés aux réseaux, déjà desservis par la route, et qui ne produisent rien. Des usines fermées depuis vingt ans. Des zones commerciales abandonnées avec leurs parkings fissurés. Des casernes militaires désaffectées. Des stations-service fermées. Des anciennes décharges stabilisées. Des terrains ferroviaires inutilisés. Tous ces sites attendent une deuxième vie et personne ne les regarde parce que construire sur un champ vierge est plus simple, plus rapide et moins cher que dépolluer et réhabiliter une friche. CE QUE LA PRAIRIE CONTIENT ET QUE LE BÉTON EFFACE : Un hectare de prairie naturelle permanente une prairie qui na jamais été labourée ni semée artificiellement héberge une communauté vivante dune complexité que le bitume supprime en une journée de chantier. Le sol. Les trente premiers centimètres dun sol de prairie contiennent entre 50 et 100 tonnes de carbone organique par hectare stocké dans lhumus, les racines et les organismes du sol depuis des décennies, parfois des siècles. Bétonner ce sol libère progressivement ce carbone sous forme de CO2 le sol qui stockait devient émetteur. La matière organique accumulée pendant deux cents ans est détruite en une saison de terrassement. Les vers de terre. Un sol de prairie non traitée contient entre 200 et 400 vers par mètre carré entre une et deux tonnes par hectare. Leurs galeries infiltrent leau de pluie dix à vingt fois plus vite quun sol sans vers. Le béton remplace linfiltration par le ruissellement chaque mètre carré scellé envoie entre 600 et 900 litres deau par an directement dans le réseau pluvial au lieu de la nappe. Les oiseaux de plaine. Lalouette des champs niche au sol dans les prairies et les jachères quatre œufs dans une cuvette grattée entre les graminées, à cinq centimètres sous le sommet de lherbe. Le bruant proyer chante depuis le sommet dun piquet ou dune tige haute au bord de la prairie son territoire couvre un à deux hectares de prairie ouverte. La perdrix grise installe sa ponte de 12 à 18 œufs dans la base des herbes hautes en bordure de champ. Chaque hectare artificialisé est un territoire de nidification perdu pour ces espèces déjà en déclin sévère la perdrix grise a perdu plus de 90 % de ses effectifs en France depuis les années 1960. Les pollinisateurs. Les prairies permanentes sont le principal habitat de nidification des abeilles solitaires terricoles andrènes, halictes, dasypodes, panurges qui creusent leurs tunnels de nidification dans le sol nu et compact des chemins, des talus et des zones piétinées de la prairie. Le bitume scelle le sol définitivement chaque mètre carré imperméabilisé est un mètre carré de logement détruit pour des dizaines de nids potentiels. Les fleurs de la prairie trèfle, lotier, scabieuse, centaurée, achillée nourrissent ces mêmes abeilles pendant six mois. Le parking ne nourrit personne. Le réseau racinaire. Les graminées et les plantes vivaces dune prairie permanente développent un réseau racinaire qui descend entre 30 cm et 2 mètres de profondeur. Ce réseau retient le sol en place zéro érosion sur une prairie intacte, structure les agrégats du sol porosité permanente et nourrit le réseau mycorhizien qui connecte les plantes entre elles. Détruire ce réseau par terrassement prend une journée. Le reconstituer prend entre vingt et cinquante ans si la reconstruction est même tentée. CE QUE LA FRICHE CONTIENT ET QUE LA RECONSTRUCTION SAUVE : Une friche industrielle est un terrain déjà sacrifié. Le sol est déjà compacté, souvent pollué, recouvert de béton ou de gravats. Les réseaux eau, électricité, assainissement, voirie sont déjà en place ou en place à proximité. Laccès routier existe. Les fondations danciens bâtiments peuvent servir de base aux nouveaux. Le terrain est déjà dans le tissu urbain ou périurbain pas en pleine campagne, pas au milieu dun écosystème fonctionnel. Réhabiliter une friche au lieu dartificialiser une prairie produit un triple bénéfice. Le sol naturel est préservé zéro artificialisation nette. La friche cesse dêtre une verrue dans le paysage dépollution, réhabilitation. Le bâtiment neuf sinscrit dans un tissu déjà urbanisé au lieu de créer un étalement supplémentaire. POURQUOI LA FRICHE EST ÉVITÉE : Le coût de dépollution est lobstacle principal. Un terrain industriel contaminé hydrocarbures, métaux lourds, solvants nécessite une étude de sol 10 000 à 50 000 euros, une dépollution partielle ou totale 50 000 à 500 000 euros par hectare selon le niveau de contamination et un suivi post-dépollution. Le champ vierge en sortie de village ne coûte rien de tout cela le promoteur lachète à lagriculteur pour 5 à 15 euros le mètre carré, dépose un permis de construire et commence les travaux en quelques mois. Le différentiel de coût est réel mais il ne tient pas compte des coûts externalisés sur la collectivité. Lartificialisation dun hectare de prairie coûte entre 50 000 et 200 000 euros de services écosystémiques perdus infiltration, stockage carbone, pollinisation, régulation des crues que la collectivité devra compenser par des bassins de rétention, des stations de traitement renforcées et des programmes de renaturation en aval. Ces coûts ne sont pas portés par le promoteur ils sont portés par le contribuable. LA LOI AVANCE LENTEMENT : La loi Climat et Résilience de 2021 fixe un objectif de zéro artificialisation nette ZAN à lhorizon 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de 50 % du rythme dartificialisation dici 2031 par rapport à la décennie précédente. Les documents durbanisme PLU, SCoT doivent intégrer cet objectif dans leurs révisions. En pratique, la mise en œuvre est conflictuelle. Les maires ruraux veulent construire pour attirer des habitants et des entreprises. Les promoteurs préfèrent les terrains vierges. Les agriculteurs vendent leurs parcelles au prix du terrain constructible dix à cinquante fois le prix du terrain agricole. Lobjectif ZAN est juridiquement acté mais politiquement contesté chaque projet de lotissement en sortie de village devient un arbitrage entre le développement local et la préservation du sol. CE QUE CHAQUE CITOYEN PEUT FAIRE : Consulter le PLU de sa commune le plan local durbanisme indique les zones ouvertes à la construction zones AU à urbaniser. Si des prairies naturelles ou des terres agricoles sont classées en zone AU alors que des friches sont disponibles sur le territoire communal, le citoyen peut déposer une observation lors de lenquête publique de révision du PLU pour demander la requalification des friches en zones constructibles prioritaires et le déclassement des prairies en zones naturelles protégées. Signaler les friches. Loutil Cartofriches développé par le CEREMA et accessible en ligne recense les friches disponibles par commune. Partager cette information avec les élus locaux et les commissions durbanisme lors des révisions de PLU. Soutenir les projets de réhabilitation de friches. LÉtablissement Public Foncier local de chaque région acquiert et dépollue des friches pour les remettre sur le marché un outil public qui compense le surcoût de la dépollution et rend la friche compétitive face au terrain vierge. La prairie naturelle met des décennies à se constituer parfois des siècles si le sol est riche et profond. Le béton sy pose en un jour. La friche à côté attend depuis vingt ans que quelquun la regarde. Le choix entre les deux nest pas un dilemme économique cest un choix de civilisation entre ce qui est facile et ce qui est intelligent. Le béton ne recouvre pas seulement des racines. Il efface un écosystème qui ne reviendra peut-être jamais alors que le terrain dà côté, déjà mort, attend quon lui rende une vie. #ZéroArtificialisation #FrichesIndustrielles #PrairieNaturelle #ZAN #StopBéton
Avant de bétonner une prairie naturelle pour construire, réaménagez dabord les terrains déjà dégradés. Chaque année en France, entre 20 000 et 30 000 hectares de sols naturels, […]
Les arbres municipaux taillés en moignons chaque hiver, cest de la mutilation programmée. Pas de feuillage, pas dombre, pas de nidification juste des chicots qui repoussent en balai et quon recoupera lannée suivante au même prix. Les arbres laissés avec leur port naturel, cest autre chose. Un platane non taillé développe une couronne de 15 à 20 mètres de diamètre qui ombrage 200 m au sol en été. Le même platane étêté chaque année produit des rejets verticaux sans structure, qui cassent au premier coup de vent et obligent à intervenir en urgence plus cher que la taille elle-même. La taille en têtard forcé est le geste le plus coûteux et le plus destructeur de larboriculture urbaine. Chaque coupe rase sur le tronc ouvre une plaie que larbre ne referme jamais complètement. Les champignons lignivores polypores, armillaire pénètrent par ces ouvertures et décomposent le bois de cœur de lintérieur. Un arbre étêté dix années de suite est souvent creux à vingt ans et cest cet arbre affaibli que la mairie déclare dangereux pour justifier labattage. La taille a créé le danger quelle prétendait prévenir. Un arbre avec son port naturel vit deux à trois fois plus longtemps quun arbre étêté. Il produit plus de biomasse foliaire, absorbe plus de CO2, intercepte plus deau de pluie et abrite plus de cavités de nidification pour les mésanges, les sittelles, les chouettes et les chauves-souris. Chaque étêtage supprime les branches maîtresses où ces espèces nichaient le couple de mésanges bleues qui occupait la cavité dun vieux platane ne retrouvera pas de site équivalent dans un arbre recépé. Plusieurs villes françaises sont passées à la taille douce suppression uniquement du bois mort et des branches interférentes, respect de la structure de larbre, interventions espacées de trois à cinq ans au lieu de chaque année. Le résultat : des arbres plus beaux, plus sains, plus sûrs et un budget dentretien divisé par deux à trois sur dix ans. Létêtage, cest une habitude. Larbre libre, cest un patrimoine qui grandit au lieu de mourir à chaque passage de la tronçonneuse. #ArbreUrbain #TailleDouce #StopÉtêtage #BiodiversitéEnVille
Les arbres municipaux taillés en moignons chaque hiver, cest de la mutilation programmée. Pas de feuillage, pas dombre, pas de nidification juste des chicots qui repoussent en balai […]