Les neuf aigles du poster sont spectaculaires mais sept dentre eux ne survolent pas la France. Laigle royal dans les Pyrénées, les Alpes et les Cévennes, et le pygargue à queue blanche qui recolonise lentement les grands lacs et estuaires. Deux espèces daigles sur le territoire français et pourtant, des rapaces, le ciel de France en est plein. Le jardinier qui lève les yeux en mars aperçoit des silhouettes en vol plané au-dessus de son terrain chaque semaine et la majorité ne sait pas les nommer.
9 RAPACES QUE VOUS POUVEZ VOIR DEPUIS VOTRE JARDIN EN FRANCE :
LA BUSE VARIABLE Buteo buteo le rapace le plus commun de France. Présente dans chaque département, chaque vallée, chaque lisière de forêt. Envergure de 110 à 130 cm. Plumage extrêmement variable du brun sombre uniforme au presque blanc, avec toutes les combinaisons de taches et de barres intermédiaires. La buse se reconnaît en vol par sa silhouette large et arrondie, ses ailes relevées en V aplati pendant le vol plané et sa queue courte étalée en éventail. Elle tourne en cercles lents au-dessus des prairies et des lisières, portée par les courants ascendants, et plonge sur les campagnols, les mulots et les taupes quelle repère à 200 mètres daltitude grâce à une acuité visuelle huit fois supérieure à celle de lhumain. Son cri un miaulement prolongé hiiiiiaa descendant est le son de rapace le plus fréquent du ciel français. Un couple de buses sur un territoire de 1 à 3 km consomme entre 2 000 et 4 000 campagnols par an le régulateur de rongeurs le plus efficace du paysage agricole.
LÉPERVIER DEUROPE Accipiter nisus le chasseur de la haie. Petit rapace de 55 à 70 cm denvergure le mâle est un tiers plus petit que la femelle lun des dimorphismes sexuels les plus marqués chez les oiseaux. Ailes courtes et arrondies, longue queue barrée, vol rapide et agile entre les branches. Lépervier ne plane pas au-dessus des prairies il chasse en embuscade dans les haies, les jardins et les lisières. Il surgit au ras dune haie à grande vitesse, surprend un moineau ou une mésange sur la mangeoire et disparaît avant que lobservateur ait eu le temps de réagir. Le jardinier qui voit un éclair gris-bleu traverser le jardin à hauteur de haie et entend un explosion de cris dalarme des passereaux a vu un épervier en chasse. Sa présence au jardin est le signe dune population de petits oiseaux saine lépervier ne sinstalle que là où les proies sont abondantes.
LE FAUCON CRÉCERELLE Falco tinnunculus le vol stationnaire au-dessus de lautoroute. Le crécerelle est le seul rapace de France qui pratique le vol stationnaire régulier le Saint-Esprit il bat des ailes rapidement en fixant un point au sol à 10 à 30 mètres de hauteur, immobile dans lair comme un hélicoptère, la tête parfaitement stable pendant que le corps oscille dans le vent. Cette technique lui permet de repérer les campagnols dans lherbe rase des talus dautoroute, des accotements de route et des jachères. Le crécerelle est le rapace le plus visible des automobilistes il stationne au-dessus des bas-côtés et des ronds-points à quelques mètres de la circulation. Envergure de 65 à 80 cm. Le mâle a la tête gris-bleu, le dos roux tacheté de noir et la queue grise avec une bande noire terminale. La femelle est entièrement brune barrée. Le cri un ki-ki-ki-ki rapide et insistant est entendu depuis les clochers déglise, les pylônes et les immeubles où le crécerelle niche dans les cavités.
LE MILAN NOIR Milvus migrans le planeur des rivières. Envergure de 140 à 155 cm plus grand que la buse, avec une queue longue et fourchue la fourche est visible de loin en vol plané. Plumage brun sombre uniforme. Le milan noir est un migrateur il arrive de lAfrique en mars et repart en août. Il est lié à leau il suit les rivières, les lacs et les zones humides où il pêche les poissons morts en surface, capture les grenouilles et les campagnols et récupère les charognes sur les routes. Les rassemblements de milans noirs au-dessus des décharges et des stations dépuration comptent parfois des centaines dindividus. En vol, le milan noir se distingue de la buse par sa queue fourchue la buse a une queue arrondie et son vol plus souple et ondulant.
LE MILAN ROYAL Milvus milvus le plus élégant des rapaces français. Envergure de 145 à 165 cm. Plumage roux-orangé sur le corps, tête gris-blanc, ailes longues et coudées avec de grandes taches blanches visibles en dessous, queue longue et profondément fourchue la plus fourchue de tous les rapaces européens. Le milan royal est un planeur spectaculaire il tournoie au-dessus des prairies et des vallées pendant des heures sans un battement, ajustant sa trajectoire avec de subtils mouvements de sa queue fourchue qui fonctionne comme un gouvernail. Il se nourrit de campagnols, de taupes, de vers de terre et de charognes. Le milan royal est en augmentation en France après un déclin sévère dans les années 1970 à 1990 empoisonnement secondaire par les rodenticides les Pyrénées, le Massif central, le Jura et lAlsace hébergent les principales populations. La distinction avec le milan noir est facile en vol : le royal est roux-orangé avec une queue profondément fourchue, le noir est brun sombre avec une queue peu fourchue.
LE CIRCAÈTE JEAN-LE-BLANC Circaetus gallicus le mangeur de serpents. Grand rapace de 160 à 180 cm denvergure presque aussi grand quun aigle. Dessus brun, dessous blanc presque immaculé avec de fines barres. Tête ronde et massive avec de grands yeux jaunes. Le circaète est un spécialiste des reptiles il capture les couleuvres, les orvets et parfois les vipères dans les garrigues, les lisières de forêt et les prairies sèches. Il pratique le vol stationnaire comme le crécerelle mais à une altitude beaucoup plus élevée 30 à 50 mètres et avec une envergure trois fois supérieure un spectacle impressionnant. Migrateur il arrive en mars et repart en septembre. Présent dans le sud, le Massif central, les vallées alpines et les garrigues méditerranéennes.
LA BONDRÉE APIVORE Pernis apivorus le rapace qui mange des guêpes. Envergure de 120 à 145 cm taille de buse mais avec une tête plus petite et plus étroite et une queue plus longue avec des barres sombres distinctes. La bondrée est le seul rapace européen spécialisé dans les insectes sociaux elle déterre les nids de guêpes et de bourdons, dévore les larves et les adultes, protégée par un plumage facial écailleux et dense qui résiste aux piqûres. Elle mange aussi les grenouilles, les lézards et les chenilles. Migratrice elle arrive en mai et repart en septembre, traversant le détroit de Gibraltar et le Sahara en bandes de centaines dindividus.
LA CHOUETTE HULOTTE Strix aluco le rapace nocturne du jardin. La hulotte nest pas un aigle mais cest le rapace le plus proche de la maison. Envergure de 80 à 100 cm. Plumage brun-roux ou brun-gris deux phases de coloration dans la même espèce, grands yeux noirs, disque facial rond. La hulotte est le rapace nocturne le plus commun de France elle niche dans les cavités darbres, les greniers, les clochers et les nichoirs dans chaque village, chaque parc et chaque jardin boisé. Son chant le hou-hou-houou flûté du mâle suivi du kiiiiwitt perçant de la femelle est audible de novembre à mars dans chaque quartier arboré de France. Un couple de hulotte consomme entre 1 000 et 2 000 campagnols et mulots par an dans un rayon de 500 mètres autour du nid le système de dératisation le plus efficace et le plus silencieux du quartier.
LEFFRAIE DES CLOCHERS Tyto alba le fantôme blanc du grenier. Envergure de 85 à 95 cm. Dessus doré-fauve tacheté de gris et de blanc, dessous blanc immaculé, disque facial en forme de cœur blanc pur, yeux noirs. Leffraie est le rapace nocturne le plus lié aux bâtiments humains elle niche exclusivement dans les granges, les clochers, les greniers et les ruines. Son vol silencieux et son plumage blanc lui donnent lapparence dun fantôme quand elle traverse le faisceau des phares la nuit doù les légendes de dames blanches dans les campagnes françaises. Leffraie est en déclin sévère en France la rénovation des granges fermeture des ouvertures, la pose de filets dans les clochers contre les pigeons, mais qui bloquent aussi les effraies et la mortalité routière leffraie chasse le long des routes et se fait percuter par les voitures réduisent ses effectifs. Un nichoir spécifique caisson de 50 50 30 cm avec une ouverture de 12 15 cm fixé dans une grange ou un grenier non rénové offre un site de nidification irremplaçable. Un couple deffraies dans un bâtiment consomme entre 2 000 et 3 000 campagnols et mulots par an.
CES 9 RAPACES SONT TOUS STRICTEMENT PROTÉGÉS :
Chaque espèce de rapace diurne et nocturne de France est protégée par larticle L411-1 du Code de lenvironnement les individus, les nids ET les sites de reproduction sont protégés toute lannée. Tuer, capturer, déranger, empoisonner ou détruire le nid dun rapace est un délit puni de 150 000 euros damende et de 3 ans demprisonnement. La protection est absolue elle couvre la buse sur le poteau, le crécerelle sur le clocher, lépervier dans la haie et la hulotte dans le grenier.
Le jardinier qui entend la hulotte dans son jardin la nuit ou qui voit la buse tourner au-dessus de son terrain le matin ne voit pas un prédateur. Il voit un système de régulation des campagnols qui fonctionne gratuitement, silencieusement et toute lannée et qui ne demande rien en retour sauf un arbre avec une cavité et un paysage où les campagnols vivent dans les prairies au lieu de mourir dans les rodenticides.
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