Avant de compenser lartificialisation en protégeant des terres ailleurs, désimperméabilisez dabord ces surfaces que plus personne nutilise. La France compte des milliers dhectares de bitume et de béton qui ne servent plus à rien anciennes routes départementales doublées par un contournement, parkings surdimensionnés jamais remplis même le samedi, pistes daérodromes désaffectées, terre-pleins centraux bétonnés sur des kilomètres, ronds-points géants avec des espaces intérieurs asphaltés, anciens quais de chargement ferroviaires, cours décole entièrement goudronnées, casernes fermées. Des surfaces scellées, imperméables, chauffantes, stériles qui restent en létat parce que casser du bitume coûte de largent et que personne na budgété le retour en arrière. Le sol sous ce bitume nest pas mort. Il est en attente. Un sol scellé depuis trente ans sous une couche dasphalte conserve une partie de sa structure minérale, de sa banque de graines et de ses micro-organismes en dormance. Les expériences de désimperméabilisation menées en France et en Europe montrent que la vie biologique redémarre en quelques mois après le retrait du revêtement les vers de terre recolonisent, les plantes pionnières sinstallent, les champignons mycorhiziens reconnectent les racines. Le sol complet avec sa structure, sa matière organique et sa pleine capacité dinfiltration met plus longtemps à se reconstituer, entre dix et trente ans selon la profondeur de dégradation. Mais le processus commence dès que la lumière et leau retrouvent le sol. Lenjeu de limperméabilisation dépasse lagriculture. Un mètre carré de bitume en ville produit trois effets simultanés. Il empêche leau de pluie de sinfiltrer elle ruisselle en surface vers les caniveaux, surcharge le réseau pluvial et provoque des inondations urbaines lors des épisodes intenses. Il stocke la chaleur solaire toute la journée et la restitue toute la nuit les surfaces bitumées sont les premiers contributeurs aux îlots de chaleur urbains qui ajoutent 3 à 8C aux nuits dété en centre-ville. Il empêche toute vie végétale et animale de sinstaller un mètre carré de bitume est un mètre carré de biodiversité réduite à zéro. Retirer un mètre carré de bitume inverse les trois effets. Leau sinfiltre. La chaleur diminue. La vie revient. Les exemples concrets se multiplient. Plusieurs villes françaises ont lancé des programmes de désimperméabilisation de cours décole remplacement de lasphalte par des sols perméables, des espaces plantés, des noues végétalisées et des zones de jeux en copeaux de bois. Les températures mesurées dans ces cours oasis sont de 3 à 5C inférieures à celles des cours goudronnées voisines pendant les canicules. Lyon, Paris, Bordeaux, Nantes, Rennes ont engagé des programmes similaires sur des places publiques, des parkings excédentaires et des voies de circulation surdimensionnées. Le potentiel national est considérable. Une estimation de lAdeme suggère que la France pourrait désimperméabiliser entre 5 000 et 10 000 hectares de surfaces urbaines inutilisées ou sous-utilisées dans les vingt prochaines années sans toucher à aucune route utile, aucun parking nécessaire, aucune infrastructure fonctionnelle. Uniquement le bitume excédentaire celui qui reste parce que le casser coûte plus cher que le laisser. Le coût de la désimperméabilisation varie de 30 à 80 euros le mètre carré selon la profondeur du revêtement et la destination finale du sol espace vert, jardin partagé, noue dinfiltration, prairie urbaine. Cest un investissement. Mais chaque mètre carré désimperméabilisé réduit le risque dinondation, abaisse la température locale, relance un cycle biologique et évite dartificialiser un mètre carré de champ ailleurs pour compenser. La compensation la plus crédible de lartificialisation nest pas de protéger un champ à lautre bout du département cest de rendre au sol ce quon lui a pris là où il attend encore sous la croûte. Le bitume ne pousse pas. Le sol en dessous, si dès quon lui rend la lumière. #Désimperméabilisation #RenaturationUrbaine #ZéroArtificialisation #ÎlotsDeChaleur #CoursOasis

Avant de compenser lartificialisation en protégeant des terres ailleurs, désimperméabilisez dabord ces surfaces que plus personne nutilise.

La France compte des milliers dhectares de bitume et de béton qui ne servent plus à rien anciennes routes départementales doublées par un contournement, parkings surdimensionnés jamais remplis même le samedi, pistes daérodromes désaffectées, terre-pleins centraux bétonnés sur des kilomètres, ronds-points géants avec des espaces intérieurs asphaltés, anciens quais de chargement ferroviaires, cours décole entièrement goudronnées, casernes fermées. Des surfaces scellées, imperméables, chauffantes, stériles qui restent en létat parce que casser du bitume coûte de largent et que personne na budgété le retour en arrière.

Le sol sous ce bitume nest pas mort. Il est en attente. Un sol scellé depuis trente ans sous une couche dasphalte conserve une partie de sa structure minérale, de sa banque de graines et de ses micro-organismes en dormance. Les expériences de désimperméabilisation menées en France et en Europe montrent que la vie biologique redémarre en quelques mois après le retrait du revêtement les vers de terre recolonisent, les plantes pionnières sinstallent, les champignons mycorhiziens reconnectent les racines. Le sol complet avec sa structure, sa matière organique et sa pleine capacité dinfiltration met plus longtemps à se reconstituer, entre dix et trente ans selon la profondeur de dégradation. Mais le processus commence dès que la lumière et leau retrouvent le sol.

Lenjeu de limperméabilisation dépasse lagriculture. Un mètre carré de bitume en ville produit trois effets simultanés. Il empêche leau de pluie de sinfiltrer elle ruisselle en surface vers les caniveaux, surcharge le réseau pluvial et provoque des inondations urbaines lors des épisodes intenses. Il stocke la chaleur solaire toute la journée et la restitue toute la nuit les surfaces bitumées sont les premiers contributeurs aux îlots de chaleur urbains qui ajoutent 3 à 8C aux nuits dété en centre-ville. Il empêche toute vie végétale et animale de sinstaller un mètre carré de bitume est un mètre carré de biodiversité réduite à zéro.

Retirer un mètre carré de bitume inverse les trois effets. Leau sinfiltre. La chaleur diminue. La vie revient.

Les exemples concrets se multiplient. Plusieurs villes françaises ont lancé des programmes de désimperméabilisation de cours décole remplacement de lasphalte par des sols perméables, des espaces plantés, des noues végétalisées et des zones de jeux en copeaux de bois. Les températures mesurées dans ces cours oasis sont de 3 à 5C inférieures à celles des cours goudronnées voisines pendant les canicules. Lyon, Paris, Bordeaux, Nantes, Rennes ont engagé des programmes similaires sur des places publiques, des parkings excédentaires et des voies de circulation surdimensionnées.

Le potentiel national est considérable. Une estimation de lAdeme suggère que la France pourrait désimperméabiliser entre 5 000 et 10 000 hectares de surfaces urbaines inutilisées ou sous-utilisées dans les vingt prochaines années sans toucher à aucune route utile, aucun parking nécessaire, aucune infrastructure fonctionnelle. Uniquement le bitume excédentaire celui qui reste parce que le casser coûte plus cher que le laisser.

Le coût de la désimperméabilisation varie de 30 à 80 euros le mètre carré selon la profondeur du revêtement et la destination finale du sol espace vert, jardin partagé, noue dinfiltration, prairie urbaine. Cest un investissement. Mais chaque mètre carré désimperméabilisé réduit le risque dinondation, abaisse la température locale, relance un cycle biologique et évite dartificialiser un mètre carré de champ ailleurs pour compenser. La compensation la plus crédible de lartificialisation nest pas de protéger un champ à lautre bout du département cest de rendre au sol ce quon lui a pris là où il attend encore sous la croûte.

Le bitume ne pousse pas. Le sol en dessous, si dès quon lui rend la lumière.

#Désimperméabilisation #RenaturationUrbaine #ZéroArtificialisation #ÎlotsDeChaleur #CoursOasis

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