Avant de défricher un bois pour étendre un lotissement, valorisez dabord les friches boisées qui se sont installées toutes seules sur les terrains abandonnés. La France perd chaque année des hectares de forêt ancienne et de boisements matures au profit de lurbanisation des lisières de bois grignotées par les lotissements, des bosquets rasés pour les ronds-points, des haies centenaires arrachées pour les raccordements de voirie. Chaque arbre mature abattu pour un projet daménagement est un capteur de carbone, un producteur doxygène, un climatiseur naturel et un immeuble à biodiversité dont le remplacement prendra trente à cinquante ans si quelquun le plante, ce qui nest jamais garanti. Pendant ce temps, des milliers dhectares de friches boisées existent sur les terrains abandonnés de chaque commune danciennes parcelles agricoles envahies par les saules, les bouleaux, les frênes et les ronces depuis dix, vingt ou trente ans. Ces friches boisées spontanées ne sont ni entretenues, ni cartographiées, ni valorisées elles sont traitées comme du terrain en friche dans les documents durbanisme, classées en zone constructible et menacées de défrichement au prochain projet. Personne ne les regarde comme des forêts en devenir parce quelles ne ressemblent pas encore à une forêt. CE QUE LA FRICHE BOISÉE PRODUIT DÉJÀ : Une friche boisée de dix ans sur un ancien champ est un écosystème jeune mais fonctionnel. Les saules, les bouleaux et les frênes pionniers atteignent 5 à 8 mètres en dix ans assez pour créer un couvert forestier fermé qui ombrage le sol, retient lhumidité, abrite les oiseaux et commence à produire du bois mort au sol. Les ronces forment un sous-bois impénétrable qui protège les jeunes semis de chêne et de charme transportés par les geais contre les chevreuils et les lapins la ronce est la pouponnière de la forêt de demain. Le stockage de carbone dune friche boisée de dix ans est de 3 à 8 tonnes de CO2 par hectare et par an comparable à une jeune plantation forestière mais sans aucun coût de plantation, de clôture ni dentretien. La friche boisée est une forêt gratuite elle se plante toute seule, se protège toute seule et stocke du carbone toute seule. La biodiversité dune friche boisée de dix ans est déjà significative. Les suivis ornithologiques montrent entre 15 et 30 espèces doiseaux nicheurs dans les friches boisées périurbaines fauvettes, pouillots, troglodytes, rouges-gorges, pics, mésanges, grives. Les insectes pollinisateurs trouvent les ronces en fleur de juin à août source majeure de nectar en milieu boisé, les lianes de clématite en juin et les premières floraisons de lierre sur les troncs pionniers en octobre. Les amphibiens colonisent les dépressions humides qui se forment naturellement dans les friches non drainées. Les hérissons, les belettes et parfois les renards sinstallent dans les fourrés. La filtration de leau. Le sol dune friche boisée de dix ans est structuré par les racines des arbres pionniers linfiltration est de cinq à dix fois supérieure à celle du sol de la parcelle agricole adjacente labourée. Chaque hectare de friche boisée absorbe entre 3 000 et 8 000 m deau de pluie par an au lieu de les envoyer vers le réseau pluvial. Le refroidissement. Un hectare de friche boisée en milieu péri-urbain abaisse la température de lair de 2 à 4C dans un rayon de 100 mètres en été un îlot de fraîcheur naturel qui bénéficie gratuitement aux quartiers adjacents. La ville qui rase sa friche boisée pour construire un lotissement supprime le seul espace de refroidissement du quartier et les habitants du lotissement allumeront leur climatisation en juillet sans savoir que leur fraîcheur a été bétonnée. POURQUOI LA FRICHE BOISÉE EST MENACÉE : Le statut juridique est le problème. Une friche boisée de dix ans nest pas une forêt au sens du Code forestier elle nest pas inscrite au cadastre comme bois, elle nest pas soumise au régime forestier et elle nest pas protégée par les dispositions de défrichement. Dans les documents durbanisme, elle est classée en zone naturelle N si la commune a pris soin de la protéger mais elle est souvent classée en zone à urbaniser AU si la commune la considère comme un terrain en friche à valoriser. Le passage de friche à parcelle constructible se décide lors de la révision du PLU un moment où le citoyen peut intervenir par une observation écrite lors de lenquête publique. Le regard culturel est lautre problème. Une friche boisée ne ressemble pas à un parc elle est dense, enchevêtrée, parfois jonchée de déchets anciens les friches attirent les dépôts sauvages. Les élus et les habitants la voient comme un espace en friche un terme péjoratif qui signifie inutilisé et improductif . Renommer la friche boisée en forêt spontanée ou en boisement naturel dans les documents et les communications change la perception ce nest plus un terrain abandonné, cest un écosystème en formation. CE QUE CHAQUE COMMUNE PEUT FAIRE : Cartographier les friches boisées. Chaque commune possède des parcelles boisées spontanément depuis dix à trente ans anciennes terres agricoles, anciens jardins ouvriers, anciennes emprises ferroviaires, anciens terrains militaires. Les identifier sur le cadastre, mesurer leur surface et leur âge approximatif les photos aériennes historiques de lIGN, accessibles en ligne sur Remonter le temps, montrent létat de chaque parcelle à chaque décennie depuis les années 1950. Les protéger dans le PLU. Classer les friches boisées de plus de dix ans en zone naturelle N lors de la prochaine révision du PLU ce classement interdit la construction et protège le boisement. Si la commune a besoin de terrain constructible, le classer en EBC Espace Boisé Classé un classement plus fort qui interdit le défrichement même en zone constructible. Les valoriser comme espace de nature. Ouvrir un sentier de lisière le long de la friche boisée sans pénétrer le cœur le cœur doit rester inaccessible pour la faune, installer un panneau pédagogique, organiser des sorties naturalistes. La friche boisée visible et comprise par les habitants est une friche défendue la friche invisible est une friche rasée. Les laisser vieillir. Une friche boisée de dix ans est un bosquet. Une friche boisée de trente ans est une jeune forêt. Une friche boisée de cinquante ans est une forêt secondaire avec des arbres matures, des cavités de nidification et du bois mort au sol. Le plus grand service que la commune puisse rendre à sa friche boisée est de ne rien faire pas de nettoyage, pas délagage, pas de sentier au cœur, pas de mise en valeur par éclaircissage. La nature fait le travail gratuitement et mieux que nimporte quel paysagiste à condition quon lui laisse le temps. La friche boisée au bout de la rue nest pas un terrain vague. Cest une forêt qui a dix ans davance sur nimporte quelle plantation et qui na coûté ni un euro de plant, ni un euro de clôture, ni un euro de main-dœuvre. Le seul investissement nécessaire est le classement en zone N lors du prochain PLU vingt minutes de rédaction pour protéger trente ans de croissance. La forêt la plus productive de la commune est celle que personne na plantée. #FrichesBoisées #ForêtSpontanée #ZéroArtificialisation #ProtégerLesFriches #NatureEnVille

Avant de défricher un bois pour étendre un lotissement, valorisez dabord les friches boisées qui se sont installées toutes seules sur les terrains abandonnés.

La France perd chaque année des hectares de forêt ancienne et de boisements matures au profit de lurbanisation des lisières de bois grignotées par les lotissements, des bosquets rasés pour les ronds-points, des haies centenaires arrachées pour les raccordements de voirie. Chaque arbre mature abattu pour un projet daménagement est un capteur de carbone, un producteur doxygène, un climatiseur naturel et un immeuble à biodiversité dont le remplacement prendra trente à cinquante ans si quelquun le plante, ce qui nest jamais garanti.

Pendant ce temps, des milliers dhectares de friches boisées existent sur les terrains abandonnés de chaque commune danciennes parcelles agricoles envahies par les saules, les bouleaux, les frênes et les ronces depuis dix, vingt ou trente ans. Ces friches boisées spontanées ne sont ni entretenues, ni cartographiées, ni valorisées elles sont traitées comme du terrain en friche dans les documents durbanisme, classées en zone constructible et menacées de défrichement au prochain projet. Personne ne les regarde comme des forêts en devenir parce quelles ne ressemblent pas encore à une forêt.

CE QUE LA FRICHE BOISÉE PRODUIT DÉJÀ :

Une friche boisée de dix ans sur un ancien champ est un écosystème jeune mais fonctionnel. Les saules, les bouleaux et les frênes pionniers atteignent 5 à 8 mètres en dix ans assez pour créer un couvert forestier fermé qui ombrage le sol, retient lhumidité, abrite les oiseaux et commence à produire du bois mort au sol. Les ronces forment un sous-bois impénétrable qui protège les jeunes semis de chêne et de charme transportés par les geais contre les chevreuils et les lapins la ronce est la pouponnière de la forêt de demain.

Le stockage de carbone dune friche boisée de dix ans est de 3 à 8 tonnes de CO2 par hectare et par an comparable à une jeune plantation forestière mais sans aucun coût de plantation, de clôture ni dentretien. La friche boisée est une forêt gratuite elle se plante toute seule, se protège toute seule et stocke du carbone toute seule.

La biodiversité dune friche boisée de dix ans est déjà significative. Les suivis ornithologiques montrent entre 15 et 30 espèces doiseaux nicheurs dans les friches boisées périurbaines fauvettes, pouillots, troglodytes, rouges-gorges, pics, mésanges, grives. Les insectes pollinisateurs trouvent les ronces en fleur de juin à août source majeure de nectar en milieu boisé, les lianes de clématite en juin et les premières floraisons de lierre sur les troncs pionniers en octobre. Les amphibiens colonisent les dépressions humides qui se forment naturellement dans les friches non drainées. Les hérissons, les belettes et parfois les renards sinstallent dans les fourrés.

La filtration de leau. Le sol dune friche boisée de dix ans est structuré par les racines des arbres pionniers linfiltration est de cinq à dix fois supérieure à celle du sol de la parcelle agricole adjacente labourée. Chaque hectare de friche boisée absorbe entre 3 000 et 8 000 m deau de pluie par an au lieu de les envoyer vers le réseau pluvial.

Le refroidissement. Un hectare de friche boisée en milieu péri-urbain abaisse la température de lair de 2 à 4C dans un rayon de 100 mètres en été un îlot de fraîcheur naturel qui bénéficie gratuitement aux quartiers adjacents. La ville qui rase sa friche boisée pour construire un lotissement supprime le seul espace de refroidissement du quartier et les habitants du lotissement allumeront leur climatisation en juillet sans savoir que leur fraîcheur a été bétonnée.

POURQUOI LA FRICHE BOISÉE EST MENACÉE :

Le statut juridique est le problème. Une friche boisée de dix ans nest pas une forêt au sens du Code forestier elle nest pas inscrite au cadastre comme bois, elle nest pas soumise au régime forestier et elle nest pas protégée par les dispositions de défrichement. Dans les documents durbanisme, elle est classée en zone naturelle N si la commune a pris soin de la protéger mais elle est souvent classée en zone à urbaniser AU si la commune la considère comme un terrain en friche à valoriser. Le passage de friche à parcelle constructible se décide lors de la révision du PLU un moment où le citoyen peut intervenir par une observation écrite lors de lenquête publique.

Le regard culturel est lautre problème. Une friche boisée ne ressemble pas à un parc elle est dense, enchevêtrée, parfois jonchée de déchets anciens les friches attirent les dépôts sauvages. Les élus et les habitants la voient comme un espace en friche un terme péjoratif qui signifie inutilisé et improductif . Renommer la friche boisée en forêt spontanée ou en boisement naturel dans les documents et les communications change la perception ce nest plus un terrain abandonné, cest un écosystème en formation.

CE QUE CHAQUE COMMUNE PEUT FAIRE :

Cartographier les friches boisées. Chaque commune possède des parcelles boisées spontanément depuis dix à trente ans anciennes terres agricoles, anciens jardins ouvriers, anciennes emprises ferroviaires, anciens terrains militaires. Les identifier sur le cadastre, mesurer leur surface et leur âge approximatif les photos aériennes historiques de lIGN, accessibles en ligne sur Remonter le temps, montrent létat de chaque parcelle à chaque décennie depuis les années 1950.

Les protéger dans le PLU. Classer les friches boisées de plus de dix ans en zone naturelle N lors de la prochaine révision du PLU ce classement interdit la construction et protège le boisement. Si la commune a besoin de terrain constructible, le classer en EBC Espace Boisé Classé un classement plus fort qui interdit le défrichement même en zone constructible.

Les valoriser comme espace de nature. Ouvrir un sentier de lisière le long de la friche boisée sans pénétrer le cœur le cœur doit rester inaccessible pour la faune, installer un panneau pédagogique, organiser des sorties naturalistes. La friche boisée visible et comprise par les habitants est une friche défendue la friche invisible est une friche rasée.

Les laisser vieillir. Une friche boisée de dix ans est un bosquet. Une friche boisée de trente ans est une jeune forêt. Une friche boisée de cinquante ans est une forêt secondaire avec des arbres matures, des cavités de nidification et du bois mort au sol. Le plus grand service que la commune puisse rendre à sa friche boisée est de ne rien faire pas de nettoyage, pas délagage, pas de sentier au cœur, pas de mise en valeur par éclaircissage. La nature fait le travail gratuitement et mieux que nimporte quel paysagiste à condition quon lui laisse le temps.

La friche boisée au bout de la rue nest pas un terrain vague. Cest une forêt qui a dix ans davance sur nimporte quelle plantation et qui na coûté ni un euro de plant, ni un euro de clôture, ni un euro de main-dœuvre. Le seul investissement nécessaire est le classement en zone N lors du prochain PLU vingt minutes de rédaction pour protéger trente ans de croissance.

La forêt la plus productive de la commune est celle que personne na plantée.

#FrichesBoisées #ForêtSpontanée #ZéroArtificialisation #ProtégerLesFriches #NatureEnVille

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