On les regroupe sous le nom grives ou merles , mais les oiseaux bruns ou noirs qui retournent les feuilles mortes sous la haie et chantent au sommet de larbre le plus haut du jardin sont quatre espèces distinctes avec des chants, des régimes et des comportements si différents que les confondre revient à dire quun violoncelliste et un batteur font le même métier parce quils jouent tous les deux de la musique. 4 GRIVES ET MERLES COMMUNS DU JARDIN FRANÇAIS Merle noir Turdus merula Le plus familier 25 cm. Le mâle est entièrement noir avec un bec orange vif et un cercle oculaire orange impossible à confondre. La femelle est brun foncé uniforme avec un bec sombre, souvent confondue avec une grive par les débutants mais elle est plus sombre, plus uniforme et sans taches pectorales nettes. Le merle fouille bruyamment la litière de feuilles en les projetant sur un mètre avec ses pattes le bruit de grattage sous la haie au crépuscule, cest lui dans 80 % des cas. Chant : le plus mélodieux du jardin français phrases lentes, flûtées, improvisées, depuis le point le plus haut antenne, faîtage, cime darbre. Chaque mâle compose des phrases uniques quil ne répète jamais à lidentique. Chante de mars à juillet dès laube et au crépuscule souvent le premier et le dernier oiseau de la journée. Le merle est sédentaire le même individu occupe le même jardin pendant toute sa vie 5 à 7 ans en moyenne. Grive musicienne Turdus philomelos La chanteuse 22 cm. Dos brun olive chaud, poitrine crème densément tachetée de points noirs en forme de cœur inversé ou de flèche les taches sont nettes, régulières et bien dessinées différent de la grive draine dont les taches sont plus rondes et plus irrégulières. Le ventre est blanc crème. Critère didentification comportemental unique : la grive musicienne est le seul oiseau du jardin qui casse les escargots sur une pierre-enclume. Elle revient toujours à la même pierre on trouve autour de cette forge des dizaines de coquilles brisées accumulées sur la saison. Chant : puissant, clair, et surtout RÉPÉTITIF chaque motif est chanté deux à trois fois de suite avant de passer au suivant. Ti-tu ti-tu ti-tu didi didi didi tro-lo tro-lo tro-lo . Ce pattern de répétition est le critère didentification le plus fiable aucun autre oiseau du jardin ne répète ses phrases aussi systématiquement. Chante depuis un perchoir élevé et exposé, souvent dès février. Grive draine Turdus viscivorus La plus grande 27 cm, nettement plus grande que la musicienne. Dos brun-gris froid pas chaud comme la musicienne, poitrine blanc-crème avec de grosses taches rondes et irrégulières pas en forme de cœur. Allure plus dressée, plus élancée, comportement plus farouche se tient souvent en haut des arbres et dans les grandes pelouses ouvertes, rarement sous la haie. Son nom dit tout elle consomme le gui viscum dont elle disperse les graines collantes sur les branches en sessuyant le bec. La grive draine est la principale responsable de la propagation du gui dans les vergers et les peupliers de France. Chant : phrases courtes et mélancoliques rappelant le merle mais plus simples, plus lentes et souvent chantées par temps de pluie ou de vent fort doù son surnom anglais stormcock le coq de lorage. La grive draine chante quand les autres se taisent. Grive litorne Turdus pilaris La voyageuse 25 cm. Tête et croupion gris-bleu, dos brun-roux vif, poitrine roussâtre barrée de taches noires en chevrons pas en points comme la musicienne, pas en ronds comme la draine. La combinaison tête grise dos roux poitrine rousse est unique parmi les grives françaises. Migratrice hivernale elle arrive du nord et de lest de lEurope en octobre-novembre par groupes de dizaines à centaines dindividus et repart en mars-avril. En hiver, les litornes envahissent les vergers, les haies à baies aubépine, prunellier, sureau, gui et les prairies humides. Leur vol en groupe serré et ondulant au-dessus des champs est un spectacle hivernal typique. Cri en vol : un tchac tchac tchac sec et répétitif le bruit de fond des campagnes françaises de novembre à mars. La grive litorne défend collectivement les arbres à baies le groupe entier attaque les intrus pies, corneilles, buses par des piqués coordonnés et des bombardements de fientes une stratégie de défense documentée et unique parmi les passereaux européens. COMMENT LES DISTINGUER EN UNE SECONDE : La couleur tranche dabord. Entièrement noir mâle ou brun foncé uniforme femelle = merle noir. Brun chaud dessus, taches en cœur nettes dessous = grive musicienne. Gris froid dessus, grosses taches rondes = grive draine. Tête grise, dos roux, poitrine roussâtre barrée = grive litorne. Le chant tranche ensuite mars-juillet. Phrases flûtées improvisées, jamais répétées = merle noir. Motifs répétés 2-3 fois systématiquement = grive musicienne. Phrases courtes mélancoliques par temps de pluie = grive draine. En hiver, tchac tchac tchac en groupe = grive litorne. Le comportement confirme. Retourne les feuilles bruyamment sous la haie = merle noir. Casse des escargots sur une pierre fixe = grive musicienne. Perchée haut, dressée, farouche, dans les grands arbres = grive draine. En groupe serré dans un verger ou une prairie en hiver = grive litorne. Quatre espèces, quatre chants, quatre comportements. Le merle compose. La musicienne répète. La draine défie lorage. La litorne voyage en armée. Chacune occupe une saison, un étage de la haie et une niche alimentaire que les trois autres ne touchent pas. #GrivesDeFrance #MerleNoir #ReconnaîtreLesOiseaux #OiseauxDuJardin

On les regroupe sous le nom grives ou merles , mais les oiseaux bruns ou noirs qui retournent les feuilles mortes sous la haie et chantent au sommet de larbre le plus haut du jardin sont quatre espèces distinctes avec des chants, des régimes et des comportements si différents que les confondre revient à dire quun violoncelliste et un batteur font le même métier parce quils jouent tous les deux de la musique.

4 GRIVES ET MERLES COMMUNS DU JARDIN FRANÇAIS

Merle noir Turdus merula Le plus familier 25 cm. Le mâle est entièrement noir avec un bec orange vif et un cercle oculaire orange impossible à confondre. La femelle est brun foncé uniforme avec un bec sombre, souvent confondue avec une grive par les débutants mais elle est plus sombre, plus uniforme et sans taches pectorales nettes. Le merle fouille bruyamment la litière de feuilles en les projetant sur un mètre avec ses pattes le bruit de grattage sous la haie au crépuscule, cest lui dans 80 % des cas. Chant : le plus mélodieux du jardin français phrases lentes, flûtées, improvisées, depuis le point le plus haut antenne, faîtage, cime darbre. Chaque mâle compose des phrases uniques quil ne répète jamais à lidentique. Chante de mars à juillet dès laube et au crépuscule souvent le premier et le dernier oiseau de la journée. Le merle est sédentaire le même individu occupe le même jardin pendant toute sa vie 5 à 7 ans en moyenne.

Grive musicienne Turdus philomelos La chanteuse 22 cm. Dos brun olive chaud, poitrine crème densément tachetée de points noirs en forme de cœur inversé ou de flèche les taches sont nettes, régulières et bien dessinées différent de la grive draine dont les taches sont plus rondes et plus irrégulières. Le ventre est blanc crème. Critère didentification comportemental unique : la grive musicienne est le seul oiseau du jardin qui casse les escargots sur une pierre-enclume. Elle revient toujours à la même pierre on trouve autour de cette forge des dizaines de coquilles brisées accumulées sur la saison. Chant : puissant, clair, et surtout RÉPÉTITIF chaque motif est chanté deux à trois fois de suite avant de passer au suivant. Ti-tu ti-tu ti-tu didi didi didi tro-lo tro-lo tro-lo . Ce pattern de répétition est le critère didentification le plus fiable aucun autre oiseau du jardin ne répète ses phrases aussi systématiquement. Chante depuis un perchoir élevé et exposé, souvent dès février.

Grive draine Turdus viscivorus La plus grande 27 cm, nettement plus grande que la musicienne. Dos brun-gris froid pas chaud comme la musicienne, poitrine blanc-crème avec de grosses taches rondes et irrégulières pas en forme de cœur. Allure plus dressée, plus élancée, comportement plus farouche se tient souvent en haut des arbres et dans les grandes pelouses ouvertes, rarement sous la haie. Son nom dit tout elle consomme le gui viscum dont elle disperse les graines collantes sur les branches en sessuyant le bec. La grive draine est la principale responsable de la propagation du gui dans les vergers et les peupliers de France. Chant : phrases courtes et mélancoliques rappelant le merle mais plus simples, plus lentes et souvent chantées par temps de pluie ou de vent fort doù son surnom anglais stormcock le coq de lorage. La grive draine chante quand les autres se taisent.

Grive litorne Turdus pilaris La voyageuse 25 cm. Tête et croupion gris-bleu, dos brun-roux vif, poitrine roussâtre barrée de taches noires en chevrons pas en points comme la musicienne, pas en ronds comme la draine. La combinaison tête grise dos roux poitrine rousse est unique parmi les grives françaises. Migratrice hivernale elle arrive du nord et de lest de lEurope en octobre-novembre par groupes de dizaines à centaines dindividus et repart en mars-avril. En hiver, les litornes envahissent les vergers, les haies à baies aubépine, prunellier, sureau, gui et les prairies humides. Leur vol en groupe serré et ondulant au-dessus des champs est un spectacle hivernal typique. Cri en vol : un tchac tchac tchac sec et répétitif le bruit de fond des campagnes françaises de novembre à mars. La grive litorne défend collectivement les arbres à baies le groupe entier attaque les intrus pies, corneilles, buses par des piqués coordonnés et des bombardements de fientes une stratégie de défense documentée et unique parmi les passereaux européens.

COMMENT LES DISTINGUER EN UNE SECONDE :

La couleur tranche dabord. Entièrement noir mâle ou brun foncé uniforme femelle = merle noir. Brun chaud dessus, taches en cœur nettes dessous = grive musicienne. Gris froid dessus, grosses taches rondes = grive draine. Tête grise, dos roux, poitrine roussâtre barrée = grive litorne.

Le chant tranche ensuite mars-juillet. Phrases flûtées improvisées, jamais répétées = merle noir. Motifs répétés 2-3 fois systématiquement = grive musicienne. Phrases courtes mélancoliques par temps de pluie = grive draine. En hiver, tchac tchac tchac en groupe = grive litorne.

Le comportement confirme. Retourne les feuilles bruyamment sous la haie = merle noir. Casse des escargots sur une pierre fixe = grive musicienne. Perchée haut, dressée, farouche, dans les grands arbres = grive draine. En groupe serré dans un verger ou une prairie en hiver = grive litorne.

Quatre espèces, quatre chants, quatre comportements. Le merle compose. La musicienne répète. La draine défie lorage. La litorne voyage en armée. Chacune occupe une saison, un étage de la haie et une niche alimentaire que les trois autres ne touchent pas.

#GrivesDeFrance #MerleNoir #ReconnaîtreLesOiseaux #OiseauxDuJardin

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