Six des douze arbres indigènes de France sont en danger. Pas dans un siècle maintenant. Les maladies arrivent plus vite que les arbres ne peuvent évoluer, et le climat change plus vite que les forêts ne peuvent migrer. Le frêne commun est le cas le plus urgent. La chalarose un champignon microscopique originaire dAsie est arrivée en France par lEst en 2008. En quinze ans, elle a contaminé la quasi-totalité du territoire. Le champignon attaque les jeunes pousses, nécrose les branches et finit par tuer larbre en quelques années. Les frênaies de vallée qui bordaient chaque rivière de France sont en train de mourir à vue dœil. Les estimations actuelles prévoient la disparition de 80 à 90 % des frênes européens. Certains individus montrent une résistance naturelle ce sont eux quil faut identifier, protéger et utiliser comme géniteurs pour les reboisements futurs. Lorme champêtre vit un cycle tragique depuis cinquante ans. La graphiose, un champignon transporté par un scolyte, a éliminé la quasi-totalité des grands ormes de France dans les années 1970-1980. Les jeunes repousses survivent depuis les souches elles grandissent jusquà 15-20 cm de diamètre, atteignent lâge de produire lécorce épaisse qui attire le scolyte, et meurent à leur tour. Génération après génération, les ormes repoussent et meurent sans jamais redevenir des arbres adultes. Le châtaignier subit une double attaque : la maladie de lencre Phytophthora qui détruit les racines, et le chancre de lécorce Cryphonectria parasitica qui ceinture le tronc. Les châtaigneraies centenaires des Cévennes, de Corse et du Limousin qui ont nourri des populations entières pendant des siècles séclaircissent dannée en année. Certains arbres résistent naturellement et portent des cicatrices de chancres guéris ces survivants sont les plus précieux. Le sapin pectiné le seul vrai sapin indigène de France recule en altitude et vers le nord. Les étés chauds et secs de plaine affaiblissent les arbres qui deviennent vulnérables aux scolytes. Les sapinières de basse altitude des Vosges et du Jura sont les premières à disparaître. En montagne, le sapin remonte denviron 30 mètres daltitude par décennie mais la montagne a une limite. Le hêtre, qui dominait les forêts du centre et de lest, souffre de stress hydrique chronique. Les sécheresses estivales répétées épuisent ses réserves et provoquent des dépérissements massifs en plaine. Le hêtre est larbre tempéré le plus sensible à la sécheresse son feuillage dense transpire plus quil ne peut se permettre quand leau manque. Laulne glutineux est attaqué par Phytophthora alni un oomycète qui détruit le système racinaire. Les aulnaies de bord de rivière les ripisylves qui protègent les berges et filtrent leau meurent debout, les pieds dans leau. Leur disparition accélère lérosion des berges et la dégradation de la qualité des cours deau. Ce que chacun peut faire : planter des essences indigènes locales plutôt que des ornementaux importés. Signaler les frênes et ormes survivants en bonne santé aux conservatoires botaniques régionaux ces individus résistants sont la matière première de la forêt de demain. Ne pas déplacer de bois non écorcé entre régions les scolytes et les champignons voyagent dans le bois de chauffage. Les arbres indigènes ne disparaissent pas en silence ils crient, mais il faut savoir lire les houppiers qui séclaircissent et les branches qui sèchent. #ArbresEnDanger #ForêtFrançaise #Chalarose #BiodiversitéMenacée

Six des douze arbres indigènes de France sont en danger. Pas dans un siècle maintenant. Les maladies arrivent plus vite que les arbres ne peuvent évoluer, et le climat change plus vite que les forêts ne peuvent migrer.

Le frêne commun est le cas le plus urgent. La chalarose un champignon microscopique originaire dAsie est arrivée en France par lEst en 2008. En quinze ans, elle a contaminé la quasi-totalité du territoire. Le champignon attaque les jeunes pousses, nécrose les branches et finit par tuer larbre en quelques années. Les frênaies de vallée qui bordaient chaque rivière de France sont en train de mourir à vue dœil. Les estimations actuelles prévoient la disparition de 80 à 90 % des frênes européens. Certains individus montrent une résistance naturelle ce sont eux quil faut identifier, protéger et utiliser comme géniteurs pour les reboisements futurs.

Lorme champêtre vit un cycle tragique depuis cinquante ans. La graphiose, un champignon transporté par un scolyte, a éliminé la quasi-totalité des grands ormes de France dans les années 1970-1980. Les jeunes repousses survivent depuis les souches elles grandissent jusquà 15-20 cm de diamètre, atteignent lâge de produire lécorce épaisse qui attire le scolyte, et meurent à leur tour. Génération après génération, les ormes repoussent et meurent sans jamais redevenir des arbres adultes.

Le châtaignier subit une double attaque : la maladie de lencre Phytophthora qui détruit les racines, et le chancre de lécorce Cryphonectria parasitica qui ceinture le tronc. Les châtaigneraies centenaires des Cévennes, de Corse et du Limousin qui ont nourri des populations entières pendant des siècles séclaircissent dannée en année. Certains arbres résistent naturellement et portent des cicatrices de chancres guéris ces survivants sont les plus précieux.

Le sapin pectiné le seul vrai sapin indigène de France recule en altitude et vers le nord. Les étés chauds et secs de plaine affaiblissent les arbres qui deviennent vulnérables aux scolytes. Les sapinières de basse altitude des Vosges et du Jura sont les premières à disparaître. En montagne, le sapin remonte denviron 30 mètres daltitude par décennie mais la montagne a une limite.

Le hêtre, qui dominait les forêts du centre et de lest, souffre de stress hydrique chronique. Les sécheresses estivales répétées épuisent ses réserves et provoquent des dépérissements massifs en plaine. Le hêtre est larbre tempéré le plus sensible à la sécheresse son feuillage dense transpire plus quil ne peut se permettre quand leau manque.

Laulne glutineux est attaqué par Phytophthora alni un oomycète qui détruit le système racinaire. Les aulnaies de bord de rivière les ripisylves qui protègent les berges et filtrent leau meurent debout, les pieds dans leau. Leur disparition accélère lérosion des berges et la dégradation de la qualité des cours deau.

Ce que chacun peut faire : planter des essences indigènes locales plutôt que des ornementaux importés. Signaler les frênes et ormes survivants en bonne santé aux conservatoires botaniques régionaux ces individus résistants sont la matière première de la forêt de demain. Ne pas déplacer de bois non écorcé entre régions les scolytes et les champignons voyagent dans le bois de chauffage.

Les arbres indigènes ne disparaissent pas en silence ils crient, mais il faut savoir lire les houppiers qui séclaircissent et les branches qui sèchent.

#ArbresEnDanger #ForêtFrançaise #Chalarose #BiodiversitéMenacée

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